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Le président américain Donald Trump a lancé des menaces contre la Colombie et affirmé que Cuba « va tomber » après l’intervention américaine qui a conduit à l’arrestation de Nicolás Maduro au Venezuela. Paroles prononcées à bord d’Air Force One, ses déclarations laissent entendre que Washington pourrait envisager d’autres actions militaires en Amérique latine, alimentant une vive inquiétude régionale.
Menaces et déclarations de Trump
Interrogé par des journalistes, Trump a qualifié la Colombie et le Venezuela de « très malades » et a attaqué personnellement le président colombien Gustavo Petro, l’accusant de se livrer à la production et au trafic de cocaïne vers les États-Unis. Il a ajouté que Petro « ne le ferait pas longtemps » et, lorsqu’on l’a interrogé sur la possibilité d’une opération américaine en Colombie, il a répondu : « Ça me semble bien ».
Trump a également évoqué Cuba, soutenant que l’île est « prête à tomber » parce qu’elle aurait perdu les revenus fournis auparavant par le pétrole vénézuélien. Il a mentionné des pertes parmi des Cubains lors de l’opération au Venezuela et a indiqué qu’une intervention américaine contre Cuba pourrait être évitée si le régime s’effondrait de lui‑même.
Le président a enfin mis en garde le Mexique, dénonçant le passage massif de stupéfiants et affirmant que, malgré la qualité personnelle de la présidente Claudia Sheinbaum, « les cartels dirigent le pays ». Il a dit avoir proposé à plusieurs reprises l’envoi de troupes américaines pour aider le Mexique.
Réponse de Gustavo Petro et appel à l’unité latino‑américaine
Réagissant vivement, le président colombien Gustavo Petro a appelé les pays d’Amérique latine à s’unir pour ne pas être « traités comme des servants et des esclaves ». Sur le réseau social X, il a dénoncé l’action américaine en parlant d’une blessure historique — rappelant que, selon lui, les États‑Unis sont la première puissance à avoir bombardé une capitale sud‑américaine — mais a ajouté que la vengeance n’était pas la solution.
Petro a insisté sur la nécessité pour la région de se doter d’une capacité d’entente et d’échanges autonomes, de ne pas regarder « seulement vers le nord » et de diversifier ses partenariats internationaux.
Contexte : l’opération contre Nicolás Maduro
Les déclarations de Trump interviennent après une opération américaine à Caracas qui a abouti à l’arrestation de Nicolás Maduro. Washington a présenté l’action comme une opération de police visant à traduire Maduro pour des charges liées au narco‑terrorisme en 2020, alors que ses détracteurs estiment que l’objectif réel était de s’emparer des vastes réserves pétrolières vénézuéliennes.
Cette intervention marque l’un des épisodes les plus controversés d’ingérence américaine en Amérique latine depuis l’invasion du Panama en 1989. Le tribunal suprême vénézuélien a nommé la vice‑présidente Delcy Rodríguez comme dirigeante intérimaire, tandis que Donald Trump a affirmé que les États‑Unis « contrôlent » la situation et menacé de renvoyer des forces militaires si le pays « ne se comporte pas ».
Réactions régionales et inquiétudes internationales
Plusieurs gouvernements ont exprimé leur profond désaccord face à l’opération et aux menaces qui en découlent, dénonçant une atteinte aux principes du droit international et une mise en danger des populations civiles.
- Brésil
- Chili
- Colombie
- Mexique
- Uruguay
- Espagne
Ces États ont déclaré rejeter fermement les actions militaires unilatérales sur le territoire vénézuélien, estimant qu’elles constituent un précédent dangereux pour la paix et la sécurité régionale.
Analyses et perspectives
Des analystes estiment difficile de prédire si Washington franchira le pas pour intervenir militairement en Colombie ou à Cuba, mais relèvent une logique de pression exercée par des démonstrations spectaculaires de force. Selon certains observateurs, l’objectif apparent est d’influencer des gouvernements pour obtenir leur coopération sans recourir systématiquement à une intervention prolongée.
Le style de politique étrangère de Trump, qualifié par lui‑même de « Don‑roe Doctrine », vise à réaffirmer l’influence américaine dans l’hémisphère occidental, en s’inscrivant dans une continuité avec la doctrine de Monroe. Cette stratégie s’accompagne d’un soutien marqué à des gouvernements de droite dans la région et d’actions ciblées contre des dirigeants de gauche.
Pour certains experts, Cuba représente un risque plus immédiat que la Colombie en raison d’une rancune historique américaine et d’une forte mobilisation d’une diaspora antigouvernementale. En revanche, d’autres soulignent que la manière dont les menaces sont perçues dépendra de la capacité des pays latino‑américains à former un front diplomatique uni.
Face à ces tensions, l’Amérique latine traverse une période d’incertitude renforcée : les prochains jours seront déterminants pour savoir si ces intimidations resteront verbales ou se traduiront par de nouvelles actions concrètes sur le terrain.