Accueil ActualitéTrump veut éviter une frappe sur l’Iran; l’UE durcit les sanctions

Trump veut éviter une frappe sur l’Iran; l’UE durcit les sanctions

par Marie
Iran et États-Unis

La tension entre les Etats-Unis et l’Iran s’accentue, avec Donald Trump affirmant espérer ne pas devoir frapper l’Iran et l’Union européenne désignant les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste. Les annonces se multiplient tandis que des sanctions visent des responsables iraniens et que des ONG publient des bilans lourds sur la répression en Iran, alimentant les inquiétudes pour le Moyen-Orient.

Tensions entre Washington et Téhéran: Trump et les menaces iraniennes

Donald Trump a déclaré jeudi 29 janvier espérer ne pas avoir à frapper l’Iran, et a insisté sur la force affichée par les Etats-Unis: « Nous sommes forts. Nous sommes puissants financièrement. Nous sommes puissants militairement. (…) Et désormais nous avons un groupe (aéronaval) qui se dirige vers un pays appelé Iran. Et j’espère ne pas devoir utiliser cette force », a déclaré le président américain, jeudi soir à Washington devant la presse.

En parallèle, Téhéran a réaffirmé sa posture de riposte. Le porte-parole de l’armée a évoqué les « sérieuses vulnérabilités » des porte-avions américains et le chef de l’armée a assuré que la riposte serait « écrasante », après l’arrivée du porte-avions Abraham Lincoln et de son escorte dans le Golfe. L’Europe, elle, a réagi en qualifiant les Gardiens de la Révolution de « terroriste » et en appelant à la prudence, tout en rappelant que toute répression des manifestants ne peut que polariser les tensions.

La chancellerie européenne a aussi réagi par des déclarations fortes: «Terroriste, c’est bien ainsi que l’on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang», a déclaré Ursula von der Leyen. «Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte», a abondé la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas, tout en estimant que le Moyen-Orient n’avait pas besoin d’une « nouvelle guerre ».

Le porte-parole de l’armée a aussi évoqué les « sérieuses vulnérabilités » des porte-avions et l’arrivée du porte-avions Abraham Lincoln a été suivie d’une promesse de riposte « écrasante » par le chef de l’armée Amir Hatami.

D’après HRANA, 6 479 personnes, parmi lesquelles 6 092 manifestants, ont été tuées durant le mouvement de contestation et 11 020 ont été blessées; le nombre de morts pourrait toutefois être bien plus élevé, avec plus de 17 000 décès en cours d’examen, selon un communiqué publié jeudi. Mercredi, HRANA avait par ailleurs comptabilisé 42 486 arrestations.

Donald Trump lors d'une conférence de presse à Washington
Donald Trump lors d’une conférence de presse à Washington

Sanctions européennes et appels internationaux

Les Européens ont décidé de sanctionner plusieurs hauts responsables iraniens, dont le ministre de l’Intérieur, le chef de la police et plusieurs dirigeants des Gardiens de la Révolution. Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d’entrer dans l’UE et le gel des avoirs dans l’Union européenne.

Si les Européens lient leurs sanctions à la répression de la contestation, Donald Trump a centré ses dernières menaces d’intervention militaire sur le dossier du nucléaire iranien, sans mentionner la situation intérieure en Iran. Réclamant un accord, il a averti mercredi sur son réseau Truth Social que le « temps était compté » avant une éventuelle attaque américaine, « pire » que celle menée en juin dernier contre des sites nucléaires iraniens.

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a, lui, appelé au dialogue avec l’Iran, notamment sur la question nucléaire, afin d’éviter une crise aux « conséquences dévastatrices pour la région ».

Scènes à Téhéran pendant les tensions
Scènes à Téhéran pendant les tensions

Vue en Iran et perspectives de désescalade

À Téhéran, les rues et les commerces restaient ouverts, mais les habitants semblaient résignés face à l’intensification des échanges avec les États-Unis et les partenaires européens. Une serveuse, qui a accepté de parler sous couvert d’anonymat, a déclaré: «Je pense que la guerre est inévitable et qu’il faut un changement. Ça peut être pour le pire, ou pour le meilleur, je ne suis pas sûre».

Le chef de la diplomatie iranienne a mené cette semaine des tractations avec les pays du Golfe, opposés à une intervention américaine. «Cela plongerait la région dans le chaos, affecterait l’économie et ferait exploser les prix du pétrole et du gaz», a confié à l’AFP un responsable d’un de ces pays sous couvert d’anonymat, alors que le cours du baril de brut a bondi au plus haut depuis août.

Dans la soirée de jeudi, le président iranien Massoud Pezeshkian et l’émir du Qatar, le cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, ont parlé d’efforts en vue d’une «désescalade» dans la région. Les bilans des ONG sur la répression qui s’est abattue sur les manifestants en Iran font état de milliers, voire de dizaines de milliers de morts. D’après HRANA, 6 479 personnes, parmi lesquelles 6 092 manifestants, ont été tuées et 11 020 blessées; le nombre de morts pourrait être bien plus élevé, avec plus de 17 000 décès en cours d’examen. Mercredi, HRANA avait par ailleurs comptabilisé 42 486 arrestations.

Source: https://www.bfmtv.com/international/moyen-orient/iran/donald-trump-espere-ne-pas-devoir-frapper-l-iran-apres-le-deploiement-de-l-armada-americaine-au-moyen-orient_AD-202601300103.html

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