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Tunisie : Seifeddine Makhlouf arrêté après expulsion d’Algérie

par Sara
Tunisie, Algérie

La justice tunisienne a ordonné l’arrestation de l’opposant Seifeddine Makhlouf, détenu à son arrivée en Tunisie après son expulsion d’Algérie, afin d’exécuter des peines prononcées à son encontre. Le parquet du tribunal de première instance de Tunis a autorisé sa mise en détention pour faire appliquer des jugements rendus en son absence.

Placement en détention

La décision de placer Seifeddine Makhlouf en détention intervient après son transfert vers la Tunisie, à la suite d’une arrestation par les autorités algériennes en juillet 2024 pour entrée irrégulière sur le territoire. Les autorités algériennes avaient alors indiqué qu’il tentait vraisemblablement de se rendre en Turquie ou au Qatar.

Convoqué devant le parquet dimanche, Makhlouf a été officiellement retenu pour exécution des peines. Il fait l’objet d’une condamnation rendue en son absence et d’une peine de prison de cinq ans pour « conspiration contre la sécurité intérieure de l’État ».

Les origines de l’affaire

L’affaire dite de « conspiration » remonte à février 2023, lorsqu’un ensemble de personnalités politiques, d’avocats et d’activistes de la société civile avaient été arrêtés et mises en cause.

Parmi les chefs d’accusation figuraient notamment la tentative d’atteinte à l’ordre public, le démantèlement de la sécurité de l’État, la collaboration avec des entités étrangères et l’incitation à la désobéissance ou au chaos.

Le 28 novembre dernier, la cour d’appel a confirmé des peines prononcées contre plusieurs prévenus, avec des durées allant de cinq à quarante-cinq ans d’emprisonnement.

Parmi les personnes condamnées figurent :

  • Ahmed Nejib Chebbi, dirigeant de l’opposition ;
  • Noureddine Bhiri, cadre du mouvement Ennahda ;
  • Reda Belhaj, ancien chef de cabinet présidentiel ;
  • Issam Chebbi, secrétaire général d’un parti politique ;
  • Ghazi Chaouachi, ancien ministre.

Réactions et enjeux

Les autorités tunisiennes affirment que les mises en cause ont été jugées pour des faits pénaux et rappellent l’indépendance de la justice. Elles soutiennent que les décisions judiciaires s’inscrivent dans le cadre du droit pénal.

Cependant, des forces politiques et des observateurs de l’opposition estiment que l’affaire revêt un caractère politique et qu’elle sert à éliminer des adversaires. Ces accusations nourrissent un débat déjà vif sur l’état de la justice et la liberté d’opposition en Tunisie.

Dans les jours à venir, Seifeddine Makhlouf devrait rester en détention pour l’exécution des peines qui lui sont applicables, tandis que les recours juridiques éventuels pourraient être engagés par sa défense.

source:https://www.aljazeera.net/news/2026/1/19/%d8%a8%d8%b9%d8%af-%d8%aa%d8%b1%d8%ad%d9%8a%d9%84%d9%87-%d9%85%d9%86-%d8%a7%d9%84%d8%ac%d8%b2%d8%a7%d8%a6%d8%b1-%d8%aa%d9%88%d9%86%d8%b3-%d8%aa%d9%88%d9%82%d9%81

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