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L’Union européenne étudie la possibilité d’accorder à l’Ukraine certains avantages d’adhésion afin de faciliter et d’encourager un accord de paix. Selon des sources proches du dossier, ces mesures iraient de la protection préalable offerte par le statut de membre à l’accès immédiat à quelques droits réservés aux États membres, le tout assorti d’un calendrier clair des étapes à accomplir.
Cette approche, présentée comme un moyen d’ancrer durablement la sécurité ukrainienne dans le cadre européen, vise à rendre l’option d’adhésion plus tangible pendant une période de transition politique et diplomatique.
Options envisagées pour soutenir un accord de paix
Plusieurs scénarios sont à l’étude pour lier l’adhésion Ukraine UE à un processus de paix. Parmi les pistes évoquées figurent :
- l’octroi anticipé de certaines protections et droits liés à la qualité de membre ;
- l’accès immédiat à un nombre limité de prérogatives de l’Union pendant la période transitoire ;
- le maintien du parcours d’adhésion classique ou l’adoption d’une adhésion progressive et graduelle.
Les responsables précisent qu’un calendrier précis et des étapes formalisées seraient communiqués à Kiev afin de sécuriser le processus et d’offrir des garanties claires.
Un plan de paix en 20 points et un objectif d’adhésion
Le projet de paix, élaboré en grande partie par l’Ukraine en coopération étroite avec les États-Unis, comporte vingt points et table sur une adhésion à l’Union européenne dès 2027. Pendant la période transitoire, Kiev bénéficierait de certains avantages reconnaissables avant l’adhésion formelle.
De son côté, le président Volodymyr Zelensky affirme que son pays vise l’entrée dans le bloc « d’ici l’année prochaine », soulignant que la perspective d’adhésion représente une garantie de sécurité majeure pour l’Ukraine.
Interrogée à ce sujet, une porte-parole de la Commission européenne a indiqué que l’adhésion future de l’Ukraine fait partie des discussions autour d’un accord de paix. Elle a rappelé que l’Union renforce déjà ses liens avec les pays candidats et que l’Ukraine profite des mécanismes existants, notamment l’accord de libre-échange approfondi et complet.
La Hongrie, un obstacle majeur
Kiev a obtenu le statut de pays candidat en 2022 et l’accord pour entamer des négociations fin 2023, avec un démarrage officiel des pourparlers en 2024. Toutefois, la procédure est aujourd’hui bloquée par Budapest, qui retient l’ouverture de plusieurs chapitres de négociation.
La progression vers l’adhésion exige l’unanimité des États membres, ce qui donne à la Hongrie une position de levier significative. Le Premier ministre Viktor Orbán a qualifié l’Ukraine d’« ennemi » et a demandé aux Ukrainiens de cesser de pousser pour une coupure des fournitures d’énergie russe bon marché à l’égard de la Hongrie.
Budapest a par ailleurs refusé d’envoyer des armements à Kiev, justifiant sa réticence par le risque d’entraîner son pays dans un conflit et de nuire à son économie. En décembre, le gouvernement hongrois a même opposé son veto à un important paquet d’aide européen destiné à l’Ukraine, illustrant la profondeur du blocage.