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Les ministres des Affaires étrangères des 27 États membres de l’Union européenne se sont retrouvés samedi à Copenhague pour débattre de la réponse commune à la guerre meurtrière d’Israël à Gaza. Les divergences sur les mesures à adopter, notamment des sanctions contre Israël, sont apparues très nettes, alors que les organisations humanitaires et des observateurs internationaux font état d’une crise humanitaire massive.
Tensions au sommet de Copenhague
La rencontre visait à définir une position collective face à une offensive qui, depuis octobre 2023, a fait plus de 63 000 morts dans la bande de Gaza selon les bilans cités lors des discussions. Les ministres ont abordé plusieurs options, y compris des mesures économiques et des restrictions ciblées.
Avant l’ouverture des débats, la haute représentante de l’UE, Kaja Kallas, a déclaré : « Il est clair que les États membres ne sont pas d’accord sur la manière d’amener le gouvernement israélien à changer de cap. Je ne suis pas très optimiste, et aujourd’hui nous n’allons certainement pas adopter de décisions. »
Débats sur des mesures punitives
Parmi les propositions examinées figurait la suspension du financement européen destiné aux start-ups israéliennes, envisagée comme une mesure initiale. La Commission européenne avait déjà proposé le mois précédent de restreindre l’accès d’Israël à certains programmes de recherche financés par l’UE.
Cependant, cette initiative peine à rassembler suffisamment de soutien au sein du bloc, reflet des divisions persistantes entre capitales.
Positions divergentes des États membres
Les États membres ne parlent pas d’une seule voix. On observe notamment :
- Des demandes de mesures économiques et d’un embargo sur les armes de la part de pays comme l’Espagne et l’Irlande.
- Des réticences ou un refus d’imposer des sanctions sévères de la part de pays tels que l’Allemagne et la Hongrie.
- Un soutien partiel à la restriction du financement de la recherche émanant de la France, des Pays-Bas, de l’Espagne et de l’Irlande, alors que l’Allemagne et l’Italie ne l’ont pas soutenu pour l’instant.
Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a résumé la frustration de certains en affirmant que « ne rien faire » n’a pas fonctionné près de deux ans après le début du conflit : « Le temps des déclarations est vraiment terminé. Nous devons avancer. »
Appels à des sanctions ciblées
Le ministre danois Lars Løkke Rasmussen a appelé l’Union à « trouver un terrain d’entente » et s’est dit favorable à des sanctions ciblées contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et la coalition d’extrême droite qui le soutient.
Rasmussen a déclaré : « Je ne révèle pas un secret en disant que nous devons transformer les mots en sanctions. Le Danemark est prêt à suspendre le volet commercial de l’accord d’association et à imposer des sanctions sur le gouvernement Netanyahu et certains ministres. »
Pression publique et crise humanitaire
La pression sur les gouvernements européens s’intensifie. Des manifestations pro-palestiniennes massives ont lieu dans de nombreuses villes, exigeant des réponses plus fermes de la part de l’UE face aux bombardements et au blocus de Gaza.
La situation humanitaire a empiré ces dernières semaines : un observateur international soutenu par l’ONU a déclaré qu’une famine était avérée dans la bande de Gaza, constat que l’État israélien a contesté. Ces éléments galvanisent les appels à des mesures pour contraindre Israël à changer de stratégie.
Hadja Lahbib, commissaire européenne en charge de la gestion des crises et des aides humanitaires, a affirmé qu’« il est temps que l’UE trouve une voix collective sur Gaza ». Elle a ajouté : « Ce qui se passe là-bas me hante et devrait hanter chacun d’entre nous. Parce que c’est une tragédie. Et l’histoire nous jugera. »
Conséquences politiques et implications
Le manque de consensus soulève des questions sur la capacité de l’UE à transformer son poids politique et financier en influence décisive. Un reporter présent à Copenhague a observé un « changement d’humeur dans les rues d’Europe », où de plus en plus de citoyens estiment que l’Union n’a pas tenu ses promesses en matière de protection du droit international humanitaire et des droits humains.
En l’absence d’accord, les ministres ont quitté la réunion sans décision majeure, témoignant d’une Union toujours divisée sur les sanctions contre Israël et sur la stratégie à adopter pour mettre fin au conflit et répondre à l’urgence humanitaire.