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Ukraine propose ses intercepteurs de drones face aux Shaheds

par Sara

Face à la multiplication des attaques menées avec les drones Shahed, Kyiv propose son savoir‑faire en matière d’intercepteurs de drones à faible coût pour aider à protéger les pays du Golfe et d’autres partenaires. Des images récentes diffusées par des médias iraniens montrent des stocks importants et des installations souterraines de production, suggérant que Téhéran dispose d’une capacité de déploiement durable.

Des capacités iraniennes considérables

Les analystes estiment qu’il existe des dizaines de milliers de drones Shahed. Ces appareils, conçus en Iran, ont été signalés dans plusieurs pays du Moyen‑Orient cette semaine, alors que Téhéran affirme frapper des positions américaines dans la région en représailles après des frappes qui, selon des bilans publiés, ont fait plus de 1 000 victimes et entraîné l’assassinat de son dirigeant suprême.

Parallèlement, ces mêmes modèles ont été employés massivement sur le front ukrainien depuis le déclenchement de l’invasion à grande échelle il y a quatre ans, fournissant à Kyiv une expérience opérationnelle précieuse face à ce type d’armes.

Des intercepteurs low‑cost conçus en Ukraine

Sur un terrain d’essai en Ukraine, de jeunes techniciens testent des drones intercepteurs destinés à percuter en vol des appareils entrants. Le principe est simple : des engins kamikazes, armés d’une charge explosive, se dirigent vers la menace et neutralisent les drones adverses par collision.

Un fabricant privé ukrainien, Skyfall, explique que son modèle P1‑SUN atteint environ 310 km/h et que l’ensemble de la structure — antenne, nez, ailes et compartiment de charge — est fabriqué par impression 3D. Cette approche réduit les coûts et facilite la production en série, rendant les intercepteurs de drones accessibles à grande échelle.

« Nous faisons face à ce problème depuis plus de quatre ans. Nous connaissons tous les types de Shahed que la Russie déploie », résume un porte‑parole de l’entreprise, soulignant l’avantage acquis par l’expérience du combat réel.

Chiffres et déploiements dans le Golfe

Les frappes récentes ont visé plusieurs États du Golfe. Selon des bilans communiqués par des autorités locales, plus de 1 000 drones ont été détectés au‑dessus des Émirats arabes unis, la majorité ayant été interceptés. D’autres États de la région, dont le Qatar, Bahreïn et le Koweït, ont également signalé des dizaines à plusieurs centaines d’engins repérés ou neutralisés.

  • Émirats arabes unis : 1 072 drones détectés, 1 001 interceptés
  • Qatar : 39 détectés, 24 interceptés
  • Bahreïn : 123 drones détruits
  • Koweït : 384 drones surveillés et interceptés

Ces chiffres illustrent l’écart entre la valeur des cibles et le coût des moyens de défense conventionnels, d’où l’intérêt pour des solutions alternatives plus économiques.

Une offre d’assistance et des demandes concrètes

Depuis le début de la nouvelle escalade, Kyiv a proposé son assistance aux pays cherchant des systèmes de défense abordables. Le président ukrainien a indiqué avoir reçu une demande précise de la part des États‑Unis et a assuré avoir donné des instructions pour fournir les moyens nécessaires ainsi que des spécialistes ukrainiens sur place.

De son côté, le président américain a déclaré être prêt à accepter l’aide de n’importe quel pays pour faire face à la menace des drones, lors d’échanges avec la presse sur le dossier.

Les représentants ukrainiens insistent sur le fait que les intercepteurs de drones ne doivent pas être envisagés isolément : « Il faut comprendre que ces intercepteurs font partie d’une stratégie de défense globale, et il faut la mettre en œuvre dès maintenant, non seulement les drones mais tout l’écosystème », prévient le porte‑parole de Skyfall.

Une expérience ukrainienne exportable

Les leçons tirées sur les champs de bataille ukrainiens trouvent aujourd’hui un débouché international, alors que le conflit s’étend et que des pays cherchent des solutions pragmatiques pour protéger leurs infrastructures. Kyiv mise sur son retour d’expérience et sur des technologies modulaires et peu coûteuses pour répondre à une menace de masse.

Ainsi, en combinant retours opérationnels et production additive, l’Ukraine propose une alternative destinée à réduire le coût de la défense antidrone tout en augmentant la résilience des systèmes nationaux.

source:https://www.aljazeera.com/news/2026/3/6/we-know-shaheds-ukraine-touts-drone-expertise-in-us-israel-war-with-iran

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