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Le dialogue reprend, mais des incertitudes demeurent. L’annonce inattendue, le mardi 11 mars, d’une entente entre Kiev et Washington concernant une proposition américaine de cessez-le-feu en Ukraine constitue un tournant significatif. Cet accord, établi en Arabie Saoudite, marque un rapprochement entre Volodymyr Zelensky et l’administration Trump, suite à une rencontre difficile entre les deux dirigeants à la Maison Blanche le 28 février dernier, qui avait entraîné la suspension de l’aide militaire américaine.
Que prévoit précisément l’accord conclu ?
La déclaration conjointe publiée le 11 mars depuis Jeddah offre des éclaircissements sur certains points, tout en laissant d’autres flous. Les représentants ukrainiens, arrivés à la réunion avec un projet de trêve limité *« dans les airs »* et *« en mer »*, ont finalement accepté *« la proposition américaine d’instaurer un cessez-le-feu immédiat et provisoire de 30 jours »*.
Marco Rubio, secrétaire d’État américain, a déclaré que l’Ukraine était *« prête à arrêter de tirer et à commencer à discuter »*, affirmant que des *« négociations immédiates »* avec la Russie étaient envisageables, sans toutefois préciser leur format. Cependant, l’accord ne définit pas de cadre pour l’après-cessez-le-feu ni de garantie de sécurité pour Kiev, un aspect essentiel des négociations de paix, souvent souligné par Zelensky.
Les Ukrainiens ont-ils dû faire des concessions territoriales ?
Avant la réunion, Marco Rubio avait clairement indiqué que *« Les Russes ne peuvent pas conquérir toute l’Ukraine »* et que l’Ukraine aurait des difficultés à ramener les Russes à leurs positions de 2014 en Crimée et dans le Donbass. Zelensky a jusqu’à présent évité de répondre directement sur d’éventuelles concessions territoriales, malgré la pression croissante des États-Unis.
Les concessions potentielles seraient très mal accueillies en Ukraine, où près de la moitié de la population les considère comme *« complètement inacceptables »*, selon un sondage de l’Institut international de sociologie de Kiev.
Quid de l’accord sur les minerais ?
L’Ukraine et les États-Unis ont convenu de finaliser *« dès que possible »* un accord concernant les minerais ukrainiens, exigé par Donald Trump en échange de l’aide militaire américaine. Marco Rubio a précisé que cet accord ne constituerait pas une *« garantie de sécurité »* pour l’Ukraine, mais qu’il créerait un *« intérêt direct »* des États-Unis pour protéger le pays si cela génère des revenus pour eux.
Quelle est la position de Moscou ?
La perspective d’un cessez-le-feu a engendré de nombreuses réactions internationales, mais le Kremlin est resté relativement discret. Marco Rubio et d’autres dirigeants européens ont souligné que *« la balle est dans le camp de la Russie »*, qui n’a pas encore réagi à la proposition américaine.
Lors d’un briefing, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré que des *« contacts »* avec l’administration Trump étaient *« prévus »* dans les jours suivants pour obtenir des informations complètes sur la proposition de trêve. Un échange téléphonique entre Trump et Poutine pourrait également se tenir prochainement.
