Face à la vague de froid qui frappe la France, les associations tirent la sonnette d’alarme sur la situation des personnes sans domicile. Le dernier décompte de la mi-décembre indiquait que 7 000 personnes, dont 2 000 enfants, ayant appelé le 115, n’obtenaient pas de place en hébergement d’urgence et dormaient dans la rue, selon Pascal Brice, président de la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS).
C’est le Noël le plus froid depuis 2010 en France. Le corps d’un sans-abri a été retrouvé sans vie à Reims le jour de Noël, probablement lié au froid.
Les associations de lutte contre la précarité sont en alerte, car les températures vont rester très basses sur une large partie du pays dans les jours à venir. Selon le ministère du Logement, plus d’une trentaine de départements ont activé un plan grand froid, qui permet de renforcer l’accueil de jour, d’intensifier les maraudes et d’ouvrir des places supplémentaires pour l’hébergement.
Un dispositif qui relève des préfets, qui décident de le déclencher lorsque les températures deviennent glaciales. Le niveau 1 correspond par exemple à des températures positives la journée et entre 0 et -5 °C la nuit.
Depuis vendredi, la mairie de Paris demandait qu’un plan grand froid soit déclenché en Île-de-France. Toutes les préfectures d’Île-de-France devront être en plan grand froid d’ici ce dimanche soir, selon le ministère du Logement, puis confirmées par les préfectures dans la soirée. Une décision qui a tardé, sans doute pour des raisons budgétaires, selon Pascal Brice, car c’est la région où le nombre de personnes à la rue est le plus élevé.
Même avant l’arrivée de ces températures glaciales, la situation des sans-domicile fixe était déjà critique. Le dernier décompte de la mi-décembre indiquait que 7 000 personnes (dont 2 000 enfants) avaient appelé le 115 sans obtenir de place et dormaient à la rue. Or on sait qu’au moins deux fois plus de personnes n’appellent plus le 115, sachant qu’elles n’obtiendront pas de réponse, alerte Pascal Brice. Pour autant, 200 000 places d’hébergement d’urgence sont ouvertes en France cette année.
Parmi eux, des travailleurs pauvres, des jeunes issus de l’aide sociale à l’enfance, des femmes victimes de violences, des personnes âgées qui n’arrivent plus à payer leur logement, des étrangers sans papiers. En 2024, plus de 900 personnes sans domicile fixe sont décédées en France, chiffre d’une ampleur inédite depuis le premier recensement effectué par le collectif Les morts de la rue en 2012.
Plus l’instabilité politique actuelle nourrit l’inquiétude: plus le budget est approuvé tardivement, plus les subventions destinées aux associations arrivent tardivement. En attendant, elles doivent vivre sur des trésoreries déjà exsangues, avertissent les acteurs de la solidarité.