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Vente de LMB Aerospace à Loar Group: débats sur la souveraineté et les garde-fous

Vente de LMB Aerospace à Loar Group: débats sur la souveraineté et les garde-fous

Par Marie 3 min de lecture

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France

La vente de LMB Aerospace, fleuron de l’industrie française de l’armement, à Loar Group, groupe américain, est au cœur du débat sur la souveraineté industrielle et la dépendance technologique. Selon TF1, le montant s’élèverait à près de 400 millions d’euros et des garde-fous ont été prévus pour maintenir l’activité et les contrats en France. LMB Aerospace fournit des pièces pour le Rafale, les hélicoptères de combat, le porte-avions Charles de Gaulle et certains sous-marins nucléaires, et réalise actuellement 30% de son chiffre d’affaires à l’étranger, dont les États-Unis. Le gouvernement affirme que le savoir-faire restera en France et que l’État peut intervenir si nécessaire, selon les déclarations du ministre de l’Économie.

Illustration d'équipements militaires et systèmes de défense
Illustration associée à l’industrie de défense française.

À Malemort, la vente de LMB Aerospace sème le débat

La transaction est localisée à Malemort, en Corrèze, et a suscité des protestations politiques des deux côtés de l’échiquier. « Surtout quand c’est du matériel militaire. C’est très important pour notre défense. On voit ce qui se passe en ce moment avec Trump qui va attaquer tout le monde. Il vaut mieux se défendre que lui laisser le pouvoir », commente un riverain cité dans le reportage. Des inquiétudes portent aussi sur le risque que « des pays se mettent à nous dépasser » et sur l’emploi local, malgré les garanties affichées par l’État et le constructeur.

Des voix politiques dénoncent une rupture de confiance entre le discours sur le réarmement et la réalité d’un transfert potentiel sous pavillon américain. Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, dénonce sur X une « grande braderie », tandis que Aurélie Trouvé, députée de La France insoumise, parle de décision « suicidaire » pour avoir placé « un industriel stratégique pour la défense et l’aéronautique française entre les mains des USA ». Le ministre des Comptes publics et de l’Économie, Roland Lescure, rappelle que « C’est assez rare. Il faut vraiment que le deal soit stratégique pour qu’on ait cette condition-là ». Marion Buchet, experte défense, ajoute que ces garde-fous ne doivent pas rendre l’opération irrémédiablement bloquante.

Cette vente n’est pas une première dans le secteur: LMB Aerospace avait déjà été vendue à un fonds d’investissement américain au début des années 2000, et elle réalise une part croisée des marchés, notamment avec une présence marquée sur le marché nord-américain.

Site industriel LMB Aerospace en Corrèze
Site industriel de LMB Aerospace à Malemort, Corrèze.

Détails et garanties: l’encadrement étatique et les chiffres divergents

Le gouvernement affirme que l’opération a été strictement encadrée dans le cadre du contrôle des investissements étrangers, avec l’acquisition par l’État d’une action de préférence — une golden share — lui conférant un droit de regard renforcé sur les actifs stratégiques. Le ministère de l’Économie précise que, même si une option d’entrée au capital par Bpifrance avait été évoquée par la Direction générale de l’armement (DGA), elle n’a pas été retenue. « Toute décision stratégique pourra être bloquée par l’État. Par ailleurs, évidemment, le fait que cette entreprise continue à produire en France. Le fait que des contrats stratégiques soient protégés. Tout ça, c’est prévu par l’accord », énumère Roland Lescure.

Cependant, les chiffres annoncés varient selon les sources. TF1 évoque « près de 400 millions d’euros » pour cette cession, tandis que La Lettre et Le Monde indiquent un montant autour de « 367 millions d’euros ». La transaction serait conclue fin décembre 2025, selon ces reports, signe d’une négociation complexe et d’un cadre post‑cession encore en débat. Cette dualité numérique nourrit les échanges entre partisans et critiques de la souveraineté industrielle.

Au-delà du montant, les échanges soulignent la difficulté de préserver une base industrielle stratégique tout en restant attractif pour les investisseurs, dans un contexte où les États européens cherchent à rééquilibrer dépendances et compétitivité.

Source: https://www.tf1info.fr/economie/reportage-video-lmb-aerospace-fleuron-de-l-armement-francais-cede-aux-etats-unis-on-ne-brade-pas-la-souverainete-francaise-se-defend-le-gouvernement-2421429.html

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