La condamnation de Yoon Suk Yeol, l’ex-président sud-coréen, à cinq ans de prison est tombée ce vendredi dans le cadre du premier volet d’une série de procès liés à sa tentative d’imposer la loi martiale fin 2024. Le tribunal du district central de Séoul a jugé pour obstruction à la justice et d’autres délits, distinct du dossier d’insurrection encore en cours, pour lequel le parquet réclame la peine de mort. Retranché dans sa résidence pendant des semaines, l’ancien dirigeant conservateur de 65 ans a été interpellé en janvier dernier après plusieurs heures d’assaut et a ainsi marqué l’issue d’un épisode politique qui avait mené à sa destitution.
À Séoul, Yoon Suk Yeol condamné à cinq ans de prison dans un premier procès
La décision prononcée ce vendredi est la première d’une série de procédures visant l’ancien président, et elle pointe clairement vers les volets secondaires de l’affaire plutôt que vers l’accusation centrale d’insurrection. Le tribunal a condamné Yoon Suk Yeol pour obstruction à la justice et d’autres délits liés à la tentative d’imposer la loi martiale en décembre 2024, alors que le volet principal pourrait, lui, valoir la peine de mort.
« Bien qu’il ait eu le devoir, avant tout autre, de faire respecter la Constitution et l’État de droit en tant que président, l’accusé a au contraire affiché une attitude qui méprisait la Constitution », a déclaré le président du tribunal, Baek Dae-hyun, en rendant son jugement. « La culpabilité de l’accusé est extrêmement grave », a-t-il ajouté.
Retranché pendant des semaines dans sa résidence de Séoul sous la protection de sa garde rapprochée, Yoon Suk Yeol avait fait échouer un premier raid et avait été interpellé en janvier dernier après un assaut musclé. Il était devenu le premier président sud-coréen en exercice à être arrêté et placé derrière les barreaux. Il a été destitué par la Cour constitutionnelle en avril dernier, déclenchant une présidentielle anticipée remportée par Lee Jae Myung, issu de l’opposition de gauche.

Yoon Suk Yeol avait justifié la loi martiale, une mesure sans précédent en Corée du Sud depuis les dictatures des années 1980, par le fait que le Parlement contrôlé par l’opposition bloquait le budget. Dans son allocution télévisée, il avait affirmé agir pour protéger le pays des « forces communistes nord-coréennes » et « éliminer les éléments hostiles à l’État ».
Dans ce cadre, Yoon Suk Yeol dispose désormais de sept jours pour faire appel. Les enquêtes et les autres procédures, y compris le volet insurrection, se poursuivent et pourraient mobiliser des dispositions extrêmes, y compris la peine de mort qui a été demandée dans le cadre de ce dossier, et dont le verdict est attendu le 19 février.
Contexte et procédures en cours
Le parquet poursuit d’autres volets de l’affaire, notamment le principal dossier d’insurrection qui pourrait ouvrir la porte à une autre condamnation lourde. L’accusation de ce volet est distincte et la date du verdict est annoncée pour le 19 février. Le destin politique de l’ancien président est lié à la crise politique provoquée par sa tentative et à sa destitution qui a suivi l’épisode.

Dans sa dernière déclaration avant la mise en délibéré, l’ancien président a affirmé avoir simplement fait usage de ses prerogatives légales de chef de l’État. « Il ne s’agissait pas d’une dictature militaire réprimant les citoyens, mais d’un effort pour sauvegarder la liberté et la souveraineté, et pour renforcer l’ordre constitutionnel », a-t-il dit selon l’agence Yonhap. Parallèlement, le parquet poursuit d’autres procédures liées à l’ensemble de l’affaire, y compris les accusations d’envoi de drones au-dessus de Pyongyang dans l’espoir de déclencher une réaction du Nord pour justifier la loi martiale.