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Turquie : première mission de forage d’énergie au large de la Somalie

par Sara
Turquie, Somalie

La Turquie va dépêcher en février prochain un navire de prospection au large des côtes somaliennes pour réaliser son premier forage énergétique en eaux profondes à l’étranger, a annoncé le ministre turc de l’Énergie, Alparslan Bayraktar. L’opération, confiée au navire « Kagri Bey », ciblera des zones maritimes relevant des eaux somaliennes, sans que des précisions n’aient été fournies sur les réserves visées ni sur le montant des investissements. Cette initiative s’inscrit dans la volonté d’Ankara de diversifier ses sources d’énergie et de réduire sa dépendance aux importations.

Détails opérationnels et calendrier prévisionnel

Selon les autorités turques, les premières phases d’exploration en Somalie devraient s’étaler sur plusieurs années. Des estimations antérieures mentionnaient une durée de prospection de trois à cinq ans pour identifier et évaluer d’éventuels gisements, ce qui laisse présager un effort soutenu et progressif. Par ailleurs, la Turquie prévoit d’explorer des gisements d’hydrocarbures dans trois zones distinctes au large des côtes somaliennes, renforçant ainsi sa présence dans les opérations de forage en haute mer.

Il convient de noter que la Turquie dispose aujourd’hui d’une flotte importante de navires dédiés aux forages et aux prospections en eaux profondes, position qui facilite le déploiement d’opérations à l’étranger. En outre, Ankara a déjà mené des études géophysiques dans la région, notamment par l’intermédiaire du navire de prospection « Reis Oruç », qui a conduit des activités d’exploration géologique pendant neuf mois sur une superficie de 4 465 km².

Coopération bilatérale et déclarations officielles

Le projet s’appuie sur un accord conclu en 2024 entre la Turquie et la Somalie visant à encadrer les activités de prospection énergétique. Dans ce cadre, le ministre Alparslan Bayraktar a rencontré son homologue somalien, Tahir Shire Mohamed, pour évoquer les possibilités de coopération et les aspects opérationnels de la prochaine phase. Dans un message publié sur un réseau social turc, Bayraktar a affirmé que les discussions avaient porté sur l’état actuel des travaux d’exploration d’hydrocarbures et sur la planification opérationnelle à venir.

Le ministre a souligné que la coopération énergétique turco-somalienne reposait sur des bases solides et a qualifié la Somalie d’un des partenaires clés d’Ankara en Afrique. Il a par ailleurs estimé que le développement des projets d’hydrocarbures pourrait ouvrir une nouvelle phase de coopération et contribuer au bien-être de la population somalienne à moyen terme.

Contexte diplomatique et perspectives régionales

La montée en puissance du partenariat énergétique s’inscrit dans un contexte diplomatique plus large. Le président somalien Hassan Cheikh Mohamud s’est rendu récemment en visite officielle en Turquie, où il a rencontré le président turc Recep Tayyip Erdoğan pour discuter de sujets stratégiques. Les échanges ont couvert la défense, la sécurité, l’énergie, les ressources naturelles, les affaires maritimes et les investissements économiques, reflétant une coopération multidimensionnelle entre les deux États.

Lors d’une conférence conjointe, le président turc a indiqué que la coopération énergétique avec la Somalie progressait et a annoncé l’intention de lancer des opérations de forage en 2026. Il a également évoqué des projets d’infrastructure innovants, dont la création d’un port spatial somalien destiné à accueillir ou lancer des engins spatiaux, signe de l’ambition d’Ankara d’approfondir ses engagements dans la région.

Enjeux et incertitudes

Si le projet de forage énergétique en Somalie marque une étape importante pour Ankara, plusieurs questions restent en suspens. En premier lieu, l’ampleur et la nature des ressources exploitables ne sont pas encore connues, et les évaluations géologiques devront confirmer le potentiel commercial des zones ciblées. Ensuite, le calendrier et l’enveloppe financière des opérations dépendront des résultats des phases exploratoires et des engagements des partenaires impliqués.

Quoi qu’il en soit, le déploiement du navire « Kagri Bey » en février constitue un signal fort de l’ambition turque dans le domaine des hydrocarbures marins et souligne le rôle croissant d’Ankara dans les projets d’exploration au large de la Corne de l’Afrique. Pour la Somalie, ces coopérations offrent une opportunité potentielle de développement économique, à condition que les aspects techniques, financiers et environnementaux soient gérés de manière coordonnée.

source:https://www.aljazeera.net/ebusiness/2026/1/2/%d8%aa%d8%b1%d9%83%d9%8a%d8%a7-%d8%aa%d8%ae%d8%b7%d8%b7-%d9%84%d8%a3%d9%88%d9%84-%d8%aa%d9%86%d9%82%d9%8a%d8%a8-%d8%b9%d9%86-%d8%a7%d9%84%d8%b7%d8%a7%d9%82%d8%a9-%d9%81%d9%8a-%d9%85%d9%8a%d8%a7%d9%87

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