Les citadelles de Jabal Amel, dans le sud du Liban, sont désormais confrontées à un risque qui ne relève plus seulement de leur très longue histoire militaire : les cinq sites sont inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril de l’UNESCO.
Cette inscription vise à donner une priorité aux programmes de protection, à la mobilisation d’experts et à la préparation de plans urgents de restauration. Elle intervient alors que la guerre, les difficultés d’accès et la dégradation des sites pèsent sur des monuments qui dominent depuis des siècles les collines, les vallées et les routes du Sud-Liban.
Cinq sites, une même mémoire territoriale
Le réseau de Jabal Amel réunit les citadelles de Tebnine, Chqif — également connue sous le nom de Beaufort —, Chamaa, Doueibé à Chaqra et Deir Kifa à Maroun. Elles ont servi de points de contrôle militaire et administratif et sont associées à l’histoire de la région depuis les périodes antérieures aux croisades.
- Tebnine a été construite en 1116 sur un emplacement commandant les routes entre le littoral et l’intérieur du Liban.
- Chqif surplombe le Litani et les plaines du Sud; son contrôle a successivement changé de mains entre croisés, Ayyoubides et Mamelouks.
- Chamaa, Doueibé et Deir Kifa appartiennent à ce maillage défensif historique des routes et des points stratégiques.
Des atteintes qui ne sont pas identiques
À Tebnine, les traces de la guerre sont visibles dans de larges parties de la localité, notamment au sud et à l’est de la citadelle. À Chqif, des explosions survenues à proximité ont endommagé les fondations. Chqif et Doueibé se trouvent dans des zones sous contrôle de l’État sioniste; à Doueibé, son armée est entrée dans la citadelle et y a hissé son drapeau.
Chamaa a subi des destructions étendues qui ont laissé peu d’éléments de son tissu architectural ancien. Deir Kifa n’est pas sous occupation directe, mais reste exposée aux frappes aériennes répétées et à une négligence accumulée.
Ce que permet l’inscription en péril
Le classement peut ouvrir la voie à des programmes de conservation, à un appui international et à des plans de restauration d’urgence. La protection effective dépend toutefois de la capacité des autorités culturelles et du gouvernement libanais à réunir les moyens financiers et opérationnels nécessaires, tandis que l’accès à Chqif et Doueibé demeure entravé.
