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Jeunes talents de Belfast : l’espoir d’une nouvelle génération d’acteurs

par Marie
Irlande du Nord

L’ouest de Belfast vit une véritable effervescence culturelle portée par une industrie audiovisuelle en plein essor. Loin des stigmates du passé, une nouvelle génération de jeunes acteurs locaux s’empare des écrans, transformant l’art dramatique en un puissant vecteur de réussite sociale et de résilience collective.

L’ascension fulgurante des jeunes acteurs de Belfast

À seulement 13 ans, Mary-Kate Page incarne le visage de ce renouveau. Déjà considérée comme une actrice professionnelle, l’adolescente de l’ouest de Belfast peine encore à réaliser le chemin parcouru. Cet automne, elle est apparue sur les écrans britanniques dans la série dramatique Trespasses, aux côtés de stars comme Gillian Anderson.

« J’adore être sur le plateau, ce côté irréel de la chose », confie-t-elle, mimant l’incrédulité face à une équipe de 50 techniciens attendant sa performance. Pour Mary-Kate, voir des figures locales comme Lola Petticrew ou le groupe Kneecap réussir à l’international a été un déclic : « Je viens de l’ouest de Belfast, comment pourrais-je devenir célèbre ? Mais en les voyant, je me dis que s’ils peuvent le faire, je le peux aussi. »

Brassneck : bien plus qu’une école de théâtre

Cette confiance nouvelle est cultivée par la Brassneck Youth Theatre Company. Fondée il y a dix ans, cette structure ne vise pas l’élitisme académique mais le développement personnel à travers les arts. Alison McCrudden, sa directrice, insiste sur leur philosophie : « Nous ne sommes pas l’Opéra. Nous ne faisons pas Annie ou Oliver. Nous accueillons les enfants qui en ont vraiment besoin, pas nécessairement les ‘enfants de la balle’. »

Le succès professionnel de ces jeunes talents n’était initialement qu’un « brillant effet secondaire ». Pourtant, l’industrie s’est rapidement intéressée à ce vivier. « Il y a cinq ou six ans, un directeur de casting nous a contactés car il cherchait des enfants authentiques, issus de la classe ouvrière », explique Alison McCrudden. Depuis, la demande pour ces jeunes acteurs de Belfast ne faiblit pas.

Une industrie génératrice de millions d’euros

L’essor de ces talents s’inscrit dans un contexte économique florissant. Selon Northern Ireland Screen, l’industrie du cinéma et de la télévision a injecté plus de 381 millions d’euros (£330 millions) dans l’économie locale entre 2018 et 2022. L’objectif est d’atteindre environ 495 millions d’euros (£430 millions) d’ici 2026.

Dannan Flynn, 9 ans, est un autre exemple de cette dynamique. Parlant couramment l’irlandais, il multiplie les projets, des séries pour enfants aux films d’animation de Noël. « Je veux faire une comédie musicale, des films d’animation et des émissions irlandaises », déclare-t-il avec l’assurance d’un futur professionnel, soutenu par un nouvel agent.

L’art comme remède aux traumatismes du passé

Pour Tony Devlin, fondateur de Brassneck, ce renouveau est intrinsèquement lié au processus de paix entamé avec l’accord du Vendredi Saint en 1998. Lui-même, diplômé en 1999 et propulsé directement dans la série Band of Brothers, observe une confiance retrouvée au sein des communautés ouvrières.

Au-delà de la réussite économique, l’enjeu est aussi social et psychologique. Alison McCrudden souligne l’importance de l’art face au « traumatisme intergénérationnel » encore présent : « Nous croyons fermement que les arts sont le remède qui aidera à guérir cela. »

Cependant, le financement reste un point noir. Avec à peine 6 euros par personne alloués annuellement aux arts en Irlande du Nord, contre environ 25 euros au sud de la frontière, les acteurs culturels appellent à un changement de mentalité radical.

Une nouvelle voix pour Belfast

Malgré les défis budgétaires, le changement de perception est palpable. Les communautés, autrefois enfermées dans le conflit, voient désormais leurs histoires portées sur les scènes prestigieuses comme le Lyric ou le Grand Opera House. « C’est normal de raconter nos histoires maintenant », conclut Alison McCrudden. « Nous sommes à ce stade du processus de paix où nous respirons tous un peu plus légèrement. »

Pour la jeune génération, comme Síofra, la sœur de Dannan âgée de 15 ans, l’horizon dépasse désormais les frontières de l’Ulster : « Mon rêve est d’être actrice. J’adorerais aller à New York… Être quelqu’un du nord de l’Irlande sur Broadway. »

Source: https://www.irishtimes.com/ireland/2026/01/08/belfasts-future-tv-stars-if-lola-petticrew-or-kneecap-can-do-it-i-can/

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