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Des preuves solides indiquent qu’un changement d’habitudes après un cancer peut avoir un impact aussi fort sur la survie que certains traitements médicamenteux. Lors de la principale conférence mondiale sur le cancer, l’ASCO, une étude internationale montre que l’activité physique pourrait réduire le risque de récidive et de mortalité liée au cancer de manière significative.
Une étude sur des patients atteints d’un cancer du côlon
Dirigée par le Dr Christopher Booth, oncologue à l’université Queen’s au Canada, l’étude a recruté près de 900 patients atteints d’un cancer du côlon dans six pays (États-Unis, Royaume-Uni, Canada, Australia, France et Israël). Ils ont été suivis sur une période de 10 ans après une chirurgie curative et en l’absence de métastases. L’objectif était d’observer si un accompagnement actif pouvait améliorer l’espérance de vie et réduire les risques de rechute.
Le groupe a été divisé en deux: d’un côté les participants ont reçu les recommandations classiques de santé, de l’autre un programme d’exercices physiques encadrés, combinant endurance, renforcement musculaire et mobilité, adapté au mode de vie de chacun. Pour la plupart des participants, cela s’est traduit par une marche rapide d’environ 45 minutes par jour, quatre jours par semaine.
- Participants: près de 900 patients
- Durée du suivi: 10 ans
- Groupes comparés: conseils de santé standard vs programme d’exercices encadrés
- Composante du programme: endurance, renforcement, mobilité
Une redéfinition des soins post-cancer
Au fil des années, les écarts de résultats entre les deux groupes se sont imposés comme difficiles à ignorer. Les chercheurs ont observé qu’après huit ans de suivi post-traitement, les participants physiquement actifs présentent une réduction de 37 % du taux de mortalité, ainsi qu’une diminution de 28 % du risque de récidive ou de survenue d’un nouveau cancer.
Au congrès de l’ASCO, le Dr Booth a salué ces résultats en déclarant : « Il est rare qu’une intervention non médicamenteuse montre un tel niveau d’efficacité. On parle ici de bénéfices supérieurs à ceux de certaines chimiothérapies, avec en prime des effets positifs sur la qualité de vie ». Ces résultats appellent une révision des pratiques et suggèrent d’intégrer l’activité physique comme l’un des piliers de la guérison, et non comme une simple recommandation en fin de consultation.
Des implications concrètes pour les soins et l’avenir
Les chercheurs plaident pour que les hôpitaux et centres de soins oncologiques disposent de structures dédiées à l’encadrement des patients dans cette transition, en collaboration avec des kinésithérapeutes, des préparateurs physiques spécialisés et des psychologues. L’objectif est de faire de l’exercice un élément à part entière de la stratégie thérapeutique dès la rémission, afin de favoriser une récupération globale et durable.
Bien que l’étude n’ait porté que sur le cancer du côlon, les chercheurs estiment qu’il n’y a aucune raison de penser que les résultats ne s’appliqueraient pas à d’autres cancers. Toutefois, des essais supplémentaires seront nécessaires pour confirmer l’efficacité de l’activité physique dans d’autres parcours oncologiques et réaligner les protocoles de soins post-cancer autour du mode de vie.