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Gaza : une fillette meurt de méningite, système de santé en ruine

par Sara
Palestine, Israël

Une fillette de neuf ans est morte des suites d’une méningite à Gaza, au moment où le système de santé du territoire s’effondre sous l’effet des pénuries et des destructions d’infrastructures. Les autorités sanitaires alertent sur l’incapacité des hôpitaux à diagnostiquer et traiter correctement des infections graves, alors que l’eau potable et les conditions sanitaires se détériorent pour une large part de la population.

Pénuries critiques dans les hôpitaux

Le directeur général du ministère de la Santé à Gaza, le Dr Monir Al-Bursh, fait état d’un déficit majeur de fournitures médicales. Selon lui, environ 52 % des médicaments essentiels font défaut, tandis que 71 % des consommables médicaux et 72 % des matériaux de laboratoire sont manquants.

En outre, plusieurs établissements restent partiellement ou totalement détruits et ne peuvent plus assurer les soins de base. Les responsables réclament l’ouverture des passages, des opérations de reconstruction et l’autorisation d’acheminer des équipements pour permettre la réhabilitation des hôpitaux.

Absence d’équipements de diagnostic

Les structures hospitalières manquent d’appareils diagnostiques clés, notamment l’IRM, les équipements de radiologie et les laboratoires de cathétérisme, détruits pendant les hostilités. Cette situation empêche les médecins de déterminer l’origine des fièvres aiguës et complique la détection rapide des méningites.

Privés d’outils d’examen et de tests microbiologiques, les praticiens recourent parfois à des traitements empiriques. Les autorités médicales jugent cependant ces pratiques insuffisantes face aux exigences de la médecine moderne, et qualifient l’interdiction d’entrée de fournitures de « dangereuse » pour la santé publique.

Cas de méningite et décès d’une fillette

Le directeur de l’hôpital pour enfants du complexe Nasser à Khan Younis, le Dr Ahmed Al-Farra, a signalé six cas de méningite infectieuse recensés en deux jours. Parmi eux, une fillette de neuf ans, Elin Asfour, est décédée après une dégradation rapide de son état de santé et une prise en charge insuffisante.

Selon le Dr Al-Farra, la patiente a dû être placée sous ventilation artificielle avant de succomber. Il a rappelé que la méningite est particulièrement dangereuse si son diagnostic et son traitement sont retardés, et que la malnutrition dans les familles des malades aggrave les risques.

Réactions familiales et inquiétudes communautaires

La mort d’Elin a provoqué une vive émotion parmi les siens, qui l’ont enterrée dans la nécropole de Khan Younis. Un oncle a décrit le décès comme un coup de tonnerre pour la famille, témoignant de la douleur et de la sidération causées par la perte soudaine.

Dans la communauté, des parents signalent l’apparition d’éruptions cutanées sur les enfants et expriment la crainte d’une propagation plus large de la maladie. Ces inquiétudes s’ajoutent au sentiment d’urgence face à l’épidémie naissante.

Eau potable contaminée et risques sanitaires

Une analyse de santé publique réalisée en 2025 a révélé que 57 % des eaux consommées par les enfants de Gaza ne sont pas potables, en raison d’une contamination microbiologique et chimique. Cette réalité accroît la vulnérabilité des enfants aux infections, y compris aux méningites bactériennes et virales.

Le manque d’accès à une eau sûre, conjugué aux difficultés d’alimentation et aux contraintes logistiques pour se rendre aux soins, alimente une situation sanitaire critique dans laquelle les maladies infectieuses peuvent se répandre rapidement.

Risque pour les camps de déplacés

Les observateurs sanitaires mettent en garde contre deux menaces principales : d’une part, l’apparition d’un nouveau foyer de danger pour des patients déjà fragiles et pour les familles déplacées ; d’autre part, la possibilité d’une propagation accélérée de la méningite dans les camps de réfugiés en raison de la promiscuité et de l’absence d’infrastructures sanitaires adéquates.

  • Un risque accru pour la vie des enfants et des personnes vulnérables.
  • La forte probabilité d’une transmission rapide dans les zones surpeuplées et insalubres.

Les autorités sanitaires appellent donc à des mesures d’urgence pour fournir médicaments, consommables, équipements de diagnostic et eau potable, afin d’éviter une catastrophe sanitaire plus vaste.

source:https://www.aljazeera.net/news/2026/1/28/%d9%82%d8%b6%d8%aa-%d8%a8%d8%a7%d9%84%d8%ad%d9%85%d9%89-%d8%a7%d9%84%d8%b4%d9%88%d9%83%d9%8a%d8%a9-%d8%a7%d9%84%d8%b7%d9%81%d9%84%d8%a9-%d8%a5%d9%84%d9%8a%d9%86-%d8%a2%d8%ae%d8%b1

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