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Des chercheurs internationaux s’interrogent sur une hypothèse surprenante: la dépression pourrait se transmettre entre partenaires au sein d’un couple via le microbiote buccal, notamment par les baisers échangés. Cette piste émerge d’une étude récente qui a suivi des couples mariés sur plusieurs mois et qui pointe vers une possible transmission de symptômes de dépression et d’anxiété par le biais des bactéries buccales. Les résultats suggèrent que le partage effectif de ces bactéries pourrait influencer l’état mental des conjoints initialement en bonne santé.
La dépression pourraient se propager entre les partenaires
L’étude a été menée auprès de 1 740 couples, avec une durée moyenne du mariage d’environ six mois. Elle montre que dépression et anxiété pourraient se propager entre les partenaires par le biais du microbiote buccal partagé lors des baisers. Les conjoints en bonne santé mentale ont ainsi présenté une augmentation des symptômes d’anxiété ou de dépression après seulement six mois de vie conjugale avec un partenaire affecté.
Les chercheurs ont évalué la santé mentale des couples à l’aide de questionnaires et analysé l’état du microbiote buccal de chaque membre. Ils ont constaté que la composition du microbiote buccal des partenaires non dépressifs devenait nettement plus similaire à celle de leur conjoint souffrant de dépression ou d’anxiété. Ces modifications microbiologiques étaient associées à des variations du cortisol salivaire, reflet du stress, et aux scores de dépression et d’anxiété.
Tout comme le microbiote intestinal est lié à la santé mentale via l’axe intestin-cerveau, les chercheurs envisagent que le microbiote buccal puisse, à travers une voie de communication, influencer le cerveau et son équilibre émotionnel.
Mode de vie, alimentation : des biais éventuels
Il s’agit d’une étude dite associative, qui révèle une corrélation mais pas une preuve de causalité. Plusieurs biais sont possibles: si l’un des partenaires non dépressifs développe la dépression, cela pourrait résulter du stress partagé, de modes de vie similaires ou d’une alimentation commune qui agit sur le microbiote buccal. D’autres recherches seront nécessaires pour établir, avec certitude, si la dépression peut se transmettre entre conjoints via le microbiote buccal. Si l’hypothèse venait à se confirmer, des interventions centrées sur le couple pourraient être envisagées, allant d’une prise en charge commune à l’exploration éventuelle de probiotiques pour limiter la colonisation de bactéries buccales défavorables chez le partenaire sain.
Perspectives et interventions possibles
En cas de confirmation, des approches partenariales pourraient être privilégiées pour prévenir la propagation des symptômes. Parmi les pistes évoquées :
- Prise en charge conjointe des deux partenaires afin de traiter la dépression et l’anxiété dans un cadre familial.
- Adopter des habitudes de vie et une alimentation favorables au microbiote buccal et à la santé mentale.
- Exploration d’éventuels probiotiques ciblés pour soutenir un microbiote buccal équilibré et réduire les risques de transmission symptomatique.