Accueil SantéLe parasite du chat, facteur clé de l’infertilité masculine en hausse

Le parasite du chat, facteur clé de l’infertilité masculine en hausse

par charles

Près de 10 couples sur 100 seront concernés par un problème d’infertilité au cours de leur vie, et les chiffres progressent dans les pays développés. Les causes peuvent toucher l’un ou l’autre partenaire, voire les deux, avec une part importante estimée autour de 40% des cas pour l’un des sexes. L’âge croissant de la procréation, l’augmentation de l’obésité, le stress chronique et l’exposition accrue aux perturbateurs endocriniens sont cités comme des facteurs clés. Chez l’homme, ces éléments se traduisent par une baisse de la concentration et de la qualité des spermatozoïdes dans les pays occidentaux depuis les années 1970. Récemment, les chercheurs se penchent sur un nouveau suspect: le parasite Toxoplasma gondii, responsable de la toxoplasmose et principalement transmis par le chat.

Le parasite et l’impact sur les spermatozoïdes

Une première étape de l’étude a été réalisée chez des souris: deux jours après l’infection, Toxoplasma gondii peut atteindre les testicules et l’épididyme, les canaux qui abritent et stockent les spermatozoïdes en prévision de l’éjaculation. Dans ce cadre, les chercheurs ont ensuite exposé du sperme humain au parasite et observé des effets alarmants. Après cinq minutes d’exposition, 22,4% des spermatozoïdes ont été décapités par le parasite, et ce pourcentage augmentait avec le temps, rendant les cellules non viables et incapables de féconder un ovule. Chez les spermatozoïdes qui subsistaient avec leur tête, des anomalies morphologiques et des perforations ont parfois été détectées, signe que le parasite tentait d’entrer dans la cellule.

« Nous démontrons ici, pour la première fois, que le contact direct entre les spermatozoïdes humains matures et T. gondii déclenche des changements ultra-structuraux chez les premiers, conduisant à une augmentation du pourcentage de spermatozoïdes sans tête », ont expliqué les auteurs de l’étude. Les chercheurs appellent également à inclure le dépistage de la toxoplasmose masculine lors du diagnostic et de la prise en charge d’un problème de fertilité.

Une pièce du puzzle

Dans un article relayé par The Conversation, Bill Sullivan, professeur américain de microbiologie et d’immunologie, souligne que Toxoplasma gondii pourrait aussi altérer la production des spermatozoïdes en induisant une inflammation chronique. Selon lui, même si certains rapports montrent que les taux de toxoplasmose dans les pays à revenu élevé n’ont pas nécessairement augmenté au cours des dernières décennies, il reste probable que ce parasite ne constitue qu’une pièce du puzzle de l’infertilité masculine.

Quoi qu’il en soit, la toxoplasmose ne doit pas être considérée comme un problème réservé aux femmes enceintes. Des mesures d’hygiène simples permettent de réduire les risques: lavez soigneusement fruits et légumes, évitez les produits animaux crus et, si vous avez un chat, nettoyez la litière avec des gants puis lavez-vous les mains.

Quid de la toxoplasmose ?

La toxoplasmose est une infection parasitaire très fréquente en France. Environ la moitié de la population adulte est infectée, et la plupart du temps sans symptômes (environ 80% des cas).

En cas de symptômes, il peut s’agir d’une fièvre modérée (inférieure à 38 °C), de ganglions au niveau du cou et à la base du crâne, d’une éruption cutanée, d’une fatigue prolongée, de maux de tête et de douleurs articulaires et musculaires.

D’après l’Assurance maladie, environ 200 000 à 300 000 nouvelles infections apparaissent chaque année en France.

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