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Les femmes et le syndrome prémenstruel : un risque cardiovasculaire accru

par charles

Contexte et portée de l’étude

Pour les femmes souffrant de syndrome prémenstruel (SPM), la double peine peut se traduire par un risque cardiovasculaire accru. Une étude publiée dans Nature Cardiovascular Research indique en effet une augmentation du risque de maladie cardiovasculaire chez ces femmes. Le SPM toucherait entre 20 et 50% des femmes et se caractérise par des symptômes psychologiques (irritabilité, anxiété, déprime) et physiques (palpitations, douleurs mammaires, céphalées), s’étalant sur 5 jours avant les règles et jusqu’au premier jour des règles. Sa forme sévère, le trouble dysphorique prémenstruel, peut conduire à des idées suicidaires ou à des crises de panique, affectant environ 5% des femmes.

Ici, l’étude a suivi plus de 99 000 femmes présentant des symptômes prémenstruels sur une période pouvant aller jusqu’à 22 ans. Les chercheurs ont comparé leur état de santé à celui de femmes sans SPM et à celui de leurs sœurs, afin de prendre en compte l’hérédité et les facteurs socio-éducatifs.

Résultats clés

Verdict: les femmes atteintes de SPM présentent un risque environ 10% plus élevé de développer une maladie cardiovasculaire par rapport aux femmes sans SPM. Ce risque est d’autant plus marqué pour les troubles du rythme cardiaque, avec une augmentation de 31%, et pour les accidents vasculaires cérébraux liés à un caillot sanguin, avec 27% de plus. Ces chiffres persistent même après ajustement sur l’indice de masse corporelle, le tabagisme et l’état mental des participantes.

« Le risque accru était particulièrement évident chez les femmes diagnostiquées avant l’âge de 25 ans et chez celles ayant également souffert de dépression postnatale, une condition qui peut être causée par des fluctuations hormonales », a précisé un des auteurs de l’étude.

Explications possibles et pistes de recherche

Pour expliquer ce sur-risque cardiovasculaire, plusieurs hypothèses sont envisagées à ce stade :

  • perturbation de la régulation du système rénine-angiotensine-aldostérone (SRAA), qui influence la pression artérielle et l’équilibre hydrique
  • niveaux accrus d’inflammation, nuisibles à la santé cardiovasculaire
  • anomalies métaboliques associées à un risque accru d’AVC ou de crise cardiaque

Aucune hypothèse n’a pu être écartée, d’où la nécessité de poursuivre les recherches pour mieux comprendre les mécanismes sous-jacents et confirmer ces résultats.

Implications pour la prise en charge et la prévention

Ces résultats appellent à une prise de conscience des potentielles conséquences du syndrome prémenstruel sur la santé cardiovasculaire. Au-delà des recommandations d’hygiène de vie et d’alimentation, plusieurs options thérapeutiques peuvent aider les femmes atteintes de SPM :

  • inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) pour certains symptômes
  • traitements hormonaux (pilule contraceptive, progestatifs) adaptés au profil de chaque patiente
  • thérapie cognitivo-comportementale pour mieux gérer les symptômes émotionnels et le stress

Conseils pratiques pour les femmes concernées

Pour réduire le risque cardiovasculaire associé au SPM, voici des approches pratiques à envisager en complément d’un suivi médical :

  • surveiller régulièrement la tension artérielle et le profil lipidique
  • adopter une activité physique régulière et une alimentation équilibrée
  • prioriser le sommeil, gérer le stress et éviter le tabac
  • dialoguer avec un professionnel de santé pour évaluer les traitements les mieux adaptés
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