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Le Royaume‑Uni célèbre une première médicale après la naissance d’un enfant né grâce à une greffe d’utérus provenant d’une donneuse décédée. La mère, Grace Bell, dans la trentaine, a accouché d’un garçon en bonne santé à l’hôpital Queen Charlotte’s and Chelsea de Londres, suite à une intervention chirurgicale de transplantation, des traitements hormonaux et une fécondation in vitro.
L’intervention et l’équipe médicale
La greffe a duré sept heures et a été suivie d’un protocole hormonal puis d’un transfert embryonnaire par FIV, qui a permis le début de la grossesse. L’opération a été financée par la fondation caritative Womb Transplant UK, fondée et présidée par le gynécologue Richard Smith.
Le geste chirurgical a été dirigé par la chirurgienne spécialiste des transplantations, Isabel Quiroga, opérant depuis le centre de transplantation d’organes d’Oxford rattaché au NHS. Selon l’équipe, il s’agit d’un pas important pour élargir les options offertes aux femmes dépourvues d’utérus.
Un espoir supplémentaire pour les femmes sans utérus
Les médecins expliquent que la greffe d’utérus reste aujourd’hui le seul traitement permettant à certaines femmes d’être enceintes et d’accoucher avec leur propre utérus. Elle complète ainsi les alternatives déjà connues, comme l’adoption ou la gestation pour autrui.
Cette technique vise notamment les patientes atteintes du syndrome de Mayer‑Rokitansky‑Küster‑Hauser (MRKH), un trouble du développement qui empêche la formation normale du vagin et de l’utérus, condition dont souffrait Grace Bell.
Historique et résultats comparatifs
Les premières greffes d’utérus réussies datent de 2012. Au Royaume‑Uni, la première naissance issue d’un utérus donné par une donneuse vivante (la sœur de la receveuse) a eu lieu en avril 2025. Huit mois plus tard, la naissance de l’enfant de Grace Bell marque la première utilisation documentée d’un utérus prélevé sur une donneuse décédée dans le pays.
Une étude internationale publiée en 2024 révèle que les taux de réussite pour les greffes d’utérus provenant de donneuses décédées sont comparables à ceux des greffes provenant de donneuses vivantes. Sur 24 receveuses ayant reçu un utérus de donneuse décédée, le taux d’accouchements vivants atteignait environ 66 %.
La parole de la famille de la donneuse
La famille de la donneuse a exprimé sa fierté et sa satisfaction de voir l’héritage de leur proche offrir « le temps, l’espoir, la guérison et maintenant la vie » à d’autres familles. Dans un message empreint d’altruisme, elle a encouragé d’autres personnes à envisager le don d’organes afin de permettre à davantage de patients de bénéficier de ces nouvelles perspectives.
Perspectives et défis
Cette naissance représente une avancée majeure dans le domaine de la transplantation reproductive et pourrait contribuer à élargir le vivier de donneuses, allégeant ainsi certaines contraintes associées aux dons vivants.
Cependant, les cliniciens soulignent que la procédure reste complexe et nécessite une coordination chirurgicale, des protocoles immunologiques et un accompagnement médical étroit tout au long du parcours de procréation.
Comment se déroule une greffe d’utérus ?
- Prélèvement de l’utérus chez la donneuse (vivante ou décédée).
- Intervention chirurgicale de transplantation, ici d’une durée d’environ sept heures.
- Traitements hormonaux pour préparer l’utérus à la grossesse.
- Fécondation in vitro et transfert embryonnaire.
- Grossesse suivie et accouchement lorsque la santé maternelle et fœtale le permet.