Une rame TER à batteries circule depuis le 31 août entre Nîmes et Vauvert, dans le Gard. Cette mise en service met à l’épreuve, avec des voyageurs à bord, une solution destinée aux lignes où la caténaire ne couvre pas tout le parcours : le train se recharge sur les zones électrifiées avant de poursuivre sur batteries.
Une rame transformée pour la ligne Nîmes-Vauvert
La rame utilisée sur cette liaison liO date de 2006. Ses moteurs diesel ont été remplacés par des batteries de traction au lithium-ion : le matériel devient ainsi une rame électrique capable de fonctionner soit sous caténaire, soit grâce à l’énergie emmagasinée. Elle a embarqué ses premiers voyageurs le 31 août, au départ de Nîmes, pour rejoindre Vauvert.
Le choix de cette ligne repose sur sa configuration. Une partie du parcours est électrifiée, notamment à Nîmes, tandis qu’une autre ne l’est pas. C’est précisément cette alternance qui permet d’observer le fonctionnement de la rame dans des conditions de desserte régulière, sans installer une caténaire sur l’ensemble de la ligne.
Recharger sous caténaire pour rouler hors caténaire
La batterie ne remplace pas l’alimentation électrique du réseau : elle la prolonge là où les fils n’existent pas. Sous caténaire, le train peut recharger ses batteries en gare ou pendant la circulation. Le freinage participe également à l’alimentation du système, en récupérant une partie de l’énergie habituellement dissipée.
Le programme TER à batteries de SNCF Voyageurs indique une autonomie de 80 kilomètres hors caténaire, assortie d’une réserve d’énergie équivalente à environ 20 kilomètres. Sur Nîmes-Vauvert, cette capacité est mobilisée pour franchir le tronçon non électrifié entre deux possibilités de recharge. Il ne s’agit donc pas d’un train autonome sur n’importe quelle ligne : l’infrastructure et le parcours doivent rester compatibles avec cette autonomie.
Trois allers-retours en semaine, pendant deux ans
La rame doit assurer trois allers-retours quotidiens en semaine. Cette cadence représente deux allers-retours de plus que la desserte de septembre 2025 sur la ligne. L’expérimentation est prévue pour 24 mois, ce qui doit permettre de suivre son exploitation dans la durée, au-delà des premiers jours de circulation.
Les documents disponibles ne donnent pas les horaires précis de ces circulations ni un premier bilan de régularité ou de fréquentation propre à cette rame. Les voyageurs disposent d’une desserte en semaine à trois allers-retours ; les horaires sont à consulter auprès du réseau liO.
Un essai local dans un programme plus large
Nîmes-Vauvert est une expérimentation locale, pas le lancement d’un remplacement immédiat du diesel sur tout le réseau français. Le programme associant SNCF Voyageurs, Alstom et cinq régions a transformé trois rames AGC bimodes en rames caténaire-batterie. Elles sont mises en service progressivement sur des lignes choisies dans les régions partenaires.
L’intérêt de cette technologie est de donner une seconde vie à des rames existantes et de réduire l’usage du diesel sur des parcours partiellement électrifiés. Sa portée dépend toutefois de l’autonomie disponible, des possibilités de recharge et des caractéristiques de chaque ligne. Le test gardois servira ainsi d’abord à mesurer, sur cette liaison précise, la pertinence de cette solution au quotidien.