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Les troubles mentaux transmis par votre meilleure amie du lycée
Il est bien connu que l’environnement social influence notre état mental. Récemment, des recherches ont montré qu’il existe une connexion encore plus profonde entre la génétique et notre réseau d’amis, en particulier ceux que nous avons rencontrés au lycée. Selon une étude publiée dans l’American Journal of Psychiatry, les caractéristiques génétiques de nos camarades peuvent avoir des répercussions significatives sur notre santé mentale.
Une nouvelle perspective sur la sociogénomique
La sociogénomique est un domaine émergent qui s’intéresse à la façon dont le génotype d’une personne peut influencer les traits observables d’une autre. En d’autres termes, cela signifie que les gènes de vos amis peuvent affecter votre propre comportement et bien-être. L’étude mentionnée a analysé les données de plus de 1,5 million de Suédois nés entre 1980 et 1998, cherchant à établir des liens entre les prédispositions génétiques et les risques de développer des troubles mentaux.
Les chercheurs ont découvert une association claire entre la composition génétique des pairs et la probabilité qu’un adolescent développe des troubles liés à la toxicomanie, des troubles de l’attention, ainsi que des troubles dépressifs et anxieux. Étonnamment, les amitiés formées au lycée ont montré un impact plus profond que celles établies simplement par la proximité géographique.
L’impact des amis de lycée
Il est fascinant de noter que les effets des amitiés sont souvent plus puissants lors des années formatrices de l’adolescence. Les adolescents qui formaient des liens d’amitié dans le cadre d’une même filière professionnelle ou préparatoire à l’université entre 16 et 19 ans ont été particulièrement touchés. Ces amitiés semblent avoir une influence notable sur les comportements à risque et les problèmes de santé mentale, notamment ceux liés à la consommation de drogues.
Voici quelques résultats clés de l’étude :
- Les prédispositions génétiques des amis sont corrélées avec un risque accru de développer des troubles mentaux.
- Les amitiés lycée semblent plus influentes que celles établies dans le voisinage.
- Les effets sont plus marqués pour les troubles liés à la consommation de drogues que pour la dépression ou les troubles anxieux.
Comprendre la portée à long terme des troubles mentaux
Selon Jessica E. Salvatore, professeure associée de psychiatrie, les influences génétiques des pairs peuvent avoir des conséquences durables. Même dix ans après avoir quitté le lycée, les jeunes adultes pourraient rester affectés par les gènes de leurs anciens camarades.
Cette découverte souligne l’importance de prendre en compte le contexte social lorsque l’on aborde la santé mentale. Au lieu de se concentrer uniquement sur les individus, il devient crucial d’examiner les réseaux sociaux et les influences collectives. Ainsi, les chercheurs suggèrent que des interventions pourraient être plus efficaces si elles se basent sur des analyses de groupe plutôt que sur des études individuelles.
Peut-on se protéger des influences négatives ?
Avec la prise de conscience des impacts potentiels que les amis peuvent avoir sur notre santé mentale, une question se pose : comment se protéger des influences négatives ? Voici quelques stratégies :
- Choisir ses amis avec soin : S’entourer de personnes positives qui partagent des valeurs similaires peut contribuer à une meilleure santé mentale.
- S’engager dans des activités de groupe : Participer à des activités qui favorisent le bien-être, comme le sport ou la méditation, peut renforcer les liens durables.
- Être conscient des comportements des amis : Reconnaître les traits négatifs chez les amis et établir des frontières si nécessaire peut aider à réduire les influences néfastes.
Ces stratégies permettent aux individus de prendre le contrôle de leurs relations et de minimiser les effets indésirables sur leur santé mentale.
Bénéfices de l’amitié sur la santé mentale
Toutefois, il serait réducteur de considérer les amis uniquement comme des vecteurs de risques. De nombreuses études montrent qu’une amitié saine peut également apporter des bénéfices considérables à la santé mentale. Parmi ces bienfaits, on note :
- Amélioration de la résilience : Les amis offrent un soutien émotionnel crucial, ce qui permet de mieux faire face aux défis de la vie.
- Diminution du stress : Passer du temps avec des amis peut favoriser la libération d’hormones de bien-être comme l’ocytocine, qui aident à réduire le stress et à instaurer un sentiment de sécurité.
- Encouragement à un mode de vie sain : Des études indiquent qu’avoir des amis avec un IMC normal peut vous motiver à maintenir un poids santé.
En outre, une méta-analyse de 148 études menée par la Brigham Young University a montré que les individus qui entretiennent des amitiés solides ont 50 % de chances en plus de survivre comparativement à ceux qui sont plus isolés socialement.
Les implications de la recherche
La recherche sur la sociogénomique ouvre de nouvelles avenues pour la compréhension des troubles mentaux. En effet, comprendre que le réseau social joue un rôle dans notre santé mentale pourrait influencer non seulement les traitements, mais aussi les politiques de santé publique.
Jessica E. Salvatore appelle à un changement de paradigme : _« Si nous voulons réfléchir à la meilleure façon de traiter ces troubles coûteux pour la société, nous devons réfléchir davantage aux interventions basées sur les réseaux et les réseaux sociaux. Il ne suffit pas de penser au risque individuel. »_ Cela souligne l’importance d’une approche holistique qui considère l’ensemble du contexte social d’un individu plutôt que de se concentrer uniquement sur sa biologie.
Vers une meilleure compréhension de la santé mentale
Les découvertes sur l’impact des amis sur les troubles mentaux promulguent l’idée que notre santé mentale est profondément interconnectée avec celle de nos entourages. En favorisant des interactions positives et en étant conscients des influences négatives, chacun peut contribuer à un cercle social plus sain.
Cette recherche ouvre également la voie au développement de nouveaux programmes de soutien qui intègrent les amis et la famille dans le processus de guérison et de prévention. Il est essentiel de promouvoir une culture où l’on discute ouvertement de la santé mentale, des défis qu’on rencontre, et où l’on reconnaît le rôle crucial des interactions humaines dans le bien-être général.