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LGBT et répression : Un été au camp sous l’URSS

par Sara
France

Dans un contexte où l’amour est souvent réprimé par la société, les personnages de Yura et Volodia illustrent le combat des jeunes LGBT en Union soviétique. Leurs histoires, bien que fondées sur des vies différentes, révèlent la dureté de la répression et l’impact des normes sociales sur leurs relations.

Les auteures et leur œuvre

Elena Malisova, originaire de Moscou, et Katerina Silvanova, de Járkiv en Ukraine, sont les auteures de Un été au camp (BestiesBooks). Dans leur livre, elles explorent le manque d’acceptation de la société soviétique envers les personnes LGBT. Malisova explique : « Pour montrer la manque d’acceptation, nous avons créé un conflit intérieur chez Volodia, qui se réprime et se fait du mal. Je ne pense pas que cela soit loin de la réalité. » Elle souligne également l’impact d’une société homophobe, où la quête de bonheur devient synonyme de traumatisme.

Une histoire d’amour dans un contexte difficile

Situé en Ukraine en 1986, le roman capture le premier amour entre deux adolescents, empreint de romance et d’émotion, tout en reflétant la violence de la discrimination soviétique. Selon Malisova, le régime joue un rôle clé dans le récit : « Ce livre est notre interprétation d’un amour au cours d’une catastrophe, mais au lieu du naufrage d’un transatlantique, c’est la dislocation de l’URSS. » Cette métaphore renforce le regard critique sur le passé et ses répercussions sur le présent.

Portada de 'Un verano en el campamento'.

Répression et législation

En 2013, la Russie a adopté une loi interdisant la « propagande LGBT » auprès des mineurs, un premier pas vers la persécution des personnes LGBT. Malisova a commencé à écrire ce roman en 2015, période marquée par l’annexion de la Crimée et la détérioration des relations entre l’Ukraine et la Russie. Elle déclare : « Nous ne pouvions pas prévoir qu’une guerre à grande échelle allait suivre. » Après la publication du livre en 2021, des mesures ont été prises pour censurer les œuvres LGBT, y compris le leur, en les étiquetant de « propagande LGBT » et en restreignant leur accès.

Un combat pour la visibilité

Suite à la parution de Un été au camp, le Kremlin a imposé une loi interdisant tous les livres LGBT, entraînant une campagne de harcèlement contre les auteures. Malisova souligne : « Si notre livre n’existait pas, le gouvernement aurait trouvé une autre excuse pour cibler les personnes LGBT, car chaque dictature a besoin d’un ennemi. » Malisova et Silvanova ont ensuite été contraintes de quitter la Russie sous le statut d' »agents étrangers », un label souvent utilisé contre les dissidents.

Malgré cela, leur livre a déjà vendu plus de 500 000 exemplaires, et leur message continue de toucher un large public. Silvanova conclut : « Un livre ne peut pas changer la perception d’un pays tout entier, mais il peut apporter un soutien à chaque individu. » Les retours qu’elles reçoivent de lecteurs, y compris ceux qui ne s’identifient pas comme LGBT, attestent de l’importance de leur récit.

L’impact et la nécessité de la visibilité

Les auteures croient fermement que l’histoire d’amour entre Yura et Volodia, bien que soumise à la censure, est essentielle pour la visibilité des récits LGBT. « Nous avons tenté d’interdire cette histoire, mais elle persiste. Le premier amour de milliers de jeunes comme eux est en danger sans cette visibilité », conclut Malisova.

Katerina Silvanova y Elena Malisova, autoras de 'Un verano en el campamento'.

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