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L’hexane : un hydrocarbure préoccupant dans l’alimentation

par charles

L’hexane dans l’industrie agroalimentaire

Utilisé par l’industrie agroalimentaire pour extraire les huiles végétales de graines comme le soja, le colza ou le tournesol, cet hydrocarbure est couramment employé dans la production de produits de consommation courante tels que les margarines, les laits infantiles, le beurre de cacao et certains aliments pour animaux. Invisible et souvent ignoré des consommateurs, l’hexane se retrouve néanmoins sous forme de résidus dans de nombreux produits alimentaires.

Un statut réglementaire ambigu

En raison de son utilisation dans les procédés de transformation industrielle, l’hexane est classé comme « auxiliaire technologique » par la réglementation européenne. Bien que les résidus de cette substance soient autorisés dans des proportions limitées, leur présence inquiète certains responsables politiques et experts de la santé. Richard Ramos, député MoDem du Loiret, a récemment tiré la sonnette d’alarme en déposant un amendement au projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), appelant à instaurer une taxe sur les producteurs d’hexane. Selon lui, « la sécurité du consommateur n’est pas assurée », et cet hydrocarbure mériterait d’être davantage encadré pour éviter tout risque pour la santé humaine.

Risques de l’hexane pour la santé

L’hexane, dont la formule chimique est C6H14, est un mélange d’hydrocarbures dérivé du pétrole, dont les effets toxiques sont reconnus. Selon l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), l’hexane peut provoquer des irritations cutanées, des troubles neurologiques tels que la somnolence ou des vertiges, et avoir des effets graves sur la fertilité. En cas d’ingestion accidentelle, il peut même être mortel. Cependant, le danger actuel réside surtout dans les résidus présents dans certains aliments, dont les effets à long terme sur la santé humaine demeurent incertains.

Les inquiétudes des autorités sanitaires

Les autorités européennes, telles que l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), ont récemment émis des doutes sur la sécurité des niveaux de résidus actuellement autorisés dans les produits alimentaires, en particulier pour les populations vulnérables. Dans un communiqué publié en septembre, l’Efsa souligne que l’exposition des nourrissons et des jeunes enfants pourrait être plus importante que prévu, ce qui soulève des inquiétudes sur les effets toxiques potentiels de l’hexane chez les plus jeunes. Par ailleurs, l’étude de référence utilisée pour justifier les seuils actuels de résidus remonte à 1996 et avait été menée sur des animaux, principalement des rats.

Vers de nouvelles alternatives

Face à ces incertitudes, l’Efsa appelle à de nouvelles études approfondies afin d’évaluer avec précision les risques associés à l’exposition à l’hexane, notamment via l’alimentation. La question de la toxicité des résidus devient d’autant plus urgente que cet hydrocarbure est omniprésent dans notre quotidien. Au-delà des aliments, il se retrouve dans divers produits du quotidien, comme les meubles, les chaussures ou les textiles, qui exposent les consommateurs à de faibles doses de manière répétée.

Encourager l’innovation

En parallèle, des alternatives à l’hexane commencent à émerger dans le secteur industriel, soutenues par une volonté de réduire les impacts sanitaires et environnementaux. Des solvants biosourcés, extraits de ressources naturelles et moins nocifs, pourraient progressivement remplacer l’hexane dans certains procédés de transformation alimentaire. La fédération européenne des industries de l’huile végétale, représentée par Nathalie Lecocq, affirme que l’industrie respecte les limites réglementaires, mais reste attentive aux évolutions de la réglementation européenne.

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