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Le Sénat propose 7 heures de travail non rémunérées pour financer l’autonomie

par Sara
France

Le Sénat a récemment voté une mesure controversée qui pourrait obliger tous les travailleurs à effectuer sept heures de travail non rémunérées par an pour financer la Sécurité sociale. Cette initiative, qui s’ajoute à la journée de solidarité instaurée en 2004, suscite déjà de vives critiques et sera soumise à des débats importants dans les semaines à venir.

L’objectif de la mesure

L’objectif de cette proposition est de générer des économies pour la Sécurité sociale, en particulier pour faire face aux besoins croissants du secteur de l’autonomie. Lors des débats sur le budget de la Sécurité sociale pour 2025, la mesure a été adoptée avec 216 voix pour et 119 contre. Si elle est mise en œuvre, elle pourrait rapporter environ 2,5 milliards d’euros par an, destinés à soutenir les personnes âgées et handicapées.

Une contribution de solidarité par le travail

Cette initiative se veut un complément à la journée de solidarité déjà en vigueur. Alors que les travailleurs contribuent une journée de travail sans rémunération, l’idée ici est d’ajouter des heures supplémentaires, sous la forme d’une « contribution de solidarité par le travail ». Ces heures pourraient être réparties sur l’année, en fonction des accords entre employeurs et syndicats.

Critiques et inquiétudes

Bien que cette proposition ait reçu le soutien du Sénat, elle ne fait pas l’unanimité. De nombreux élus, notamment du côté de la gauche, expriment de vives critiques. La sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly a qualifié cette mesure d’« attaque contre le monde du travail », et a même suggéré, sur un ton sarcastique, d’instaurer une « journée de solidarité des dividendes » pour impliquer davantage les actionnaires. Bien que sa proposition n’ait pas été retenue, elle alimente la polémique.

Négociations à venir

Le gouvernement, de son côté, a exprimé des réserves tout en ouvrant la porte à des discussions. Le ministre des Comptes publics, Laurent Saint-Martin, a souligné que cette mesure devait être réévaluée en concertation avec les partenaires sociaux, affirmant qu’il serait irréfléchi de la rejeter sans dialogue.

Un chemin encore long

Bien que la réforme ait été adoptée, elle n’est pas encore définitive. Elle doit maintenant passer devant une commission mixte paritaire la semaine prochaine, où députés et sénateurs tenteront de trouver un compromis. Cette étape sera cruciale pour déterminer si la mesure sera validée ou modifiée avant de revenir à l’Assemblée nationale.

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