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    Trump et Erdogan : Le défi sécuritaire en Syrie

    Turquie, États-Unis, Syrie

    Trump et Erdogan : Le défi sécuritaire en Syrie

    Avec l’arrivée de la nouvelle administration américaine sous la présidence de Donald Trump, la Turquie cherche à dénouer plusieurs questions régionales et internationales complexes qui ont stagné ou trouvé des approches raisonnables sous la présidence de Joe Biden.

    Alors que les Forces Démocratiques Syriennes (FDS) contrôlent de vastes zones du nord-est de la Syrie près de la frontière sud de la Turquie avec le soutien de la coalition internationale dirigée par les États-Unis, justifiant leur présence par la lutte contre l’État Islamique. Ankara considère les FDS comme l’extension du Parti des Travailleurs du Kurdistan, inscrit sur la liste des organisations terroristes en Turquie, et y voit les fondements d’un projet séparatiste kurde menaçant sa sécurité nationale.

    Offensive turque en Syrie

    La Turquie a mené deux opérations militaires en coopération avec les forces d’opposition syriennes contre les FDS : l’Opération Rameau d’Olivier en 2018 et l’Opération Source de la Paix en 2019. Ce dossier est donc crucial sur le plan régional et représente une préoccupation sécuritaire pour la Turquie. Plusieurs responsables turcs ont exprimé leur optimisme sur le retour de Trump pour résoudre cette question.

    Une proposition turque à l’administration Trump

    Le combat contre l’État Islamique est souvent utilisé comme justification par les FDS pour leur présence et leur contrôle sur des zones étendues du nord-est de la Syrie, tout en assurant un soutien politique et militaire accru de l’Occident. Pour ôter cette légitimité aux FDS, Ankara a proposé à Washington le 21 novembre que l’armée turque prenne la responsabilité de la lutte contre l’État Islamique en Syrie, à condition que les États-Unis retirent leurs troupes et cessent leur soutien militaire aux FDS, selon des sources de l’agence Bloomberg.

    Les discussions ont également porté sur la prise en charge par la Turquie de milliers de combattants de l’État Islamique et de leurs familles détenus par les FDS. Cependant, cette demande n’a pas encore reçu de réponse de Washington, bien que Trump ait précédemment exprimé sa volonté de retirer ses troupes de Syrie.

    Le camp d’Al-Hol, une bombe à retardement

    Malgré la déclaration de victoire des FDS sur l’État Islamique à Baghouz en 2019, elles détiennent encore des dizaines de milliers de membres de l’organisation avec leurs familles dans des camps tels que Roj et Al-Hol. Ce dernier est le plus grand camp du nord-est de la Syrie, abritant environ 44 000 personnes, dont 90 % sont des femmes et des enfants issus des familles de combattants. Environ 9 000 détenus, membres de l’État Islamique, se trouvent également dans des centres de détention au sein de ces camps.

    Les FDS insistent sur leur rôle dans le maintien de la sécurité dans cette région, comme l’a souligné leur représentante à Washington, Sinam Mohammed, qui considère Trump comme un « homme de paix ».

    Elle a exprimé ses craintes concernant la situation sécuritaire dans la région, en notant que le camp d’Al-Hol représente une menace potentielle en raison de sa population de familles de membres de l’État Islamique, ainsi que des tensions dans les centres de détention.

    Camp d'Al-Hol

    La Turquie mise sur le retour de Trump

    Après l’élection de Trump, des responsables turcs ont exprimé leur optimisme quant à un possible retrait des forces américaines du nord-est de la Syrie. Le ministre turc de la Défense, Yasar Güler, a déclaré que Trump pourrait se concentrer sur cette question et envisager de retirer les troupes américaines de la région.

    Ce sentiment d’optimisme a été renforcé par les félicitations du président Erdogan à Trump, qu’il a qualifié de « partenaire exceptionnel » dans la lutte contre le terrorisme et pour l’amélioration des relations entre les deux pays.

    Les craintes des FDS face à un changement d’alliances

    Les déclarations optimistes de la Turquie ont suscité des inquiétudes parmi les FDS. Sinam Mohammed a exprimé des appréhensions quant à une éventuelle répétition de l’expérience douloureuse vécue par son groupe lors du retrait américain précédent.

    Les tensions entre les États-Unis et les FDS ont augmenté avec l’amélioration des relations américano-turques, notamment après l’approbation par Ankara de l’adhésion de la Suède à l’OTAN, suivie par le feu vert du Congrès américain pour la vente d’avions F-16 à la Turquie. Les opérations aériennes turques contre les FDS se sont intensifiées, laissant planer le doute sur l’engagement américain envers ses alliés kurdes.

    Perspectives d’avenir

    Il semble peu probable que les États-Unis retirent complètement leurs troupes de la région. Un nombre réduit de soldats devrait rester pour des missions de formation et de soutien logistique aux FDS, tout en gardant le contrôle sur une partie significative des ressources naturelles de la Syrie. Toutefois, Trump pourrait envisager des concessions sur certaines zones en échange d’un soutien à ses priorités politiques.

    Le président Erdogan a affirmé que la Turquie s’adapterait à la nouvelle réalité qui découlerait d’un retrait américain, se disant déterminée à éradiquer le terrorisme dans la région.

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