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Retour des Syriens : Les nouvelles politiques en Europe

par Sara
France, Allemagne, Autriche, Italie

Les récents développements en Europe ont suscité des discussions intenses sur le retour des réfugiés syriens dans leur pays d’origine. Les changements politiques en Syrie, suite à la chute du régime de Bashar al-Assad, ont incité de nombreux pays européens à reconsidérer leur approche en matière d’asile et de réinstallation des Syriens. Voici un aperçu des différentes réactions à travers l’Europe et dans les pays voisins de la Syrie.

Réactions en Allemagne

En Allemagne, les partis conservateurs et populistes ont rapidement réclamé la cessation de l’accueil des réfugiés syriens et ont même proposé leur renvoi. Jens Spahn, vice-président du groupe parlementaire de l’Union, a suggéré de louer des avions pour faciliter le retour des Syriens désireux de regagner leur pays, en leur offrant un « capital de départ de 1 000 euros ».

Le président de la CSU, Markus Söder, a également demandé des plans concrets pour le rapatriement des Syriens, arguant que les raisons d’asile ne sont plus valables.

Joachim Stamp, le représentant spécial du gouvernement allemand pour les accords migratoires, a cependant appelé à la prudence, affirmant qu’il est encore trop tôt pour envisager des mesures spécifiques.

La position de l’Autriche

L’Autriche a annoncé un plan de renvoi pour les réfugiés syriens, avec le chancelier Karl Nehammer affirmant qu’il y a maintenant « de nombreuses bonnes raisons de retourner en Syrie ». Actuellement, environ 7 300 Syriens sont en attente d’un traitement de leur demande d’asile en Autriche.

Le ministre de l’Intérieur, Gerhard Karner, a reçu le mandat de préparer un programme de retour organisé vers la Syrie, citant des experts qui soutiennent que la situation dans le pays a suffisamment changé.

Les initiatives en Italie

La nouvelle gouvernement italienne, dirigée par Giorgia Meloni, cherche à convaincre d’autres États membres de l’UE de collaborer sur les modalités de renvoi des réfugiés syriens. Récemment, l’Italie a rétabli des relations diplomatiques avec le régime d’Assad pour faciliter ce retour. Cependant, des décisions judiciaires ont bloqué les tentatives de Meloni d’expulser des candidats à l’asile vers des pays tiers comme l’Albanie.

Le lundi soir, l’Italie a suspendu le traitement des demandes d’asile pour les Syriens, en coordination avec d’autres pays européens.

La France face à la situation

En France, un désaccord s’est manifesté entre le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, et l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra). Retailleau a annoncé une suspension imminente des demandes d’asile pour les Syriens, tandis qu’Ofpra a pris une position plus mesurée, précisant qu’ils continuent de suivre attentivement l’évolution de la situation en Syrie.

Julien Boucher, directeur d’Ofpra, a souligné la nécessité d’une approche réfléchie, en particulier pour ceux qui pourraient être persécutés par le régime d’Assad.

Retour volontaire en Jordanie

En Jordanie, environ 600 000 réfugiés syriens sont enregistrés auprès du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), avec un total estimé à 1,2 million. Les conditions de vie dans les camps se sont détériorées en raison de la réduction de l’aide internationale. Toutefois, des images circulent sur les réseaux sociaux, montrant des Syriens traversant la frontière pour retourner chez eux, motivés par le désir de travailler et de sortir de conditions précaires.

Samih Maaytah, ancien ministre des Affaires étrangères jordanien, a mentionné que ceux qui fuyaient pour des raisons de sécurité ou d’opposition commencent à envisager le retour.

Le Liban et les renvois

Le Liban abrite environ 1,2 million de Syriens, ce qui constitue un défi majeur pour le pays en crise. Bien que le Liban ait annoncé son intention de renvoyer des réfugiés enregistrés, cette action n’a pas eu lieu. Plus de 5 000 Syriens ont récemment profité d’un point de passage ouvert pour rentrer chez eux.

La situation en Turquie

La Turquie a d’abord accueilli près de trois millions de réfugiés syriens, mais la tension monte parmi la population turque, souvent en raison de la concurrence pour les emplois. Le président Erdogan a tenté de négocier avec Assad, mais les discussions sont compliquées par des conditions concernant le retrait des troupes turques en Syrie.

Un expert en migration, Murat Erdogan, estime que 89 % des Turcs souhaitent le retour des réfugiés en Syrie. Cependant, il a souligné que beaucoup de Syriens qui ont établi leur vie en Turquie pourraient ne pas vouloir retourner dans un pays dévasté.

Image des réfugiés syriens

Syrer attendant de traverser la frontière

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