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    Procès de l’ex-président sud-coréen face à des accusations de rébellion

    Corée du Sud

    Procès de l’ex-président sud-coréen face à des accusations de rébellion

    Le président sud-coréen déchu, Yun Suk-youl, s’est rendu aujourd’hui au tribunal de Séoul pour une audience visant à contester une demande de prolongation de sa détention pour des accusations de rébellion, suite à son annonce de l’état d’urgence en décembre dernier.

    Les détails de l’audience

    L’audience s’est ouverte dans la cour de district de Séoul occidental à 14 heures, heure GMT, dans un contexte de sécurité renforcée. La police a dû disperser des foules de partisans de Yun rassemblés devant le tribunal, brandissant des pancartes et scandant des slogans appelant à sa libération.

    Selon Kap Kyeon, un des avocats de Yun, l’ancien président a décidé d’apparaître en personne pour restaurer son honneur en expliquant la légitimité de sa proclamation d’état d’urgence, affirmant que les accusations de rébellion n’avaient pas été prouvées. Yun prévoit d’argumenter que son décret était un exercice légitime de ses pouvoirs, et que les accusations ne tiendraient pas devant la cour pénale ou la cour constitutionnelle.

    Contexte de la crise

    La crise a éclaté lorsque Yun a déclaré l’état d’urgence pour tenter de briser une impasse législative, envoyant des troupes au parlement et dans les bureaux électoraux. La confrontation a duré quelques heures seulement avant que les législateurs ne votent pour lever la mesure. Le 14 décembre, le conseil dominé par l’opposition a voté pour destituer Yun de son poste.

    Yun est ainsi devenu le premier président sud-coréen à être arrêté dans le cadre d’une enquête criminelle liée à sa proclamation d’état d’urgence, une mesure que les enquêteurs ont qualifiée d’illégale. Les enquêteurs ont demandé à la cour d’émettre un mandat d’arrêt pour prolonger sa détention jusqu’à 20 jours, tandis que Yun refuse de parler aux enquêteurs, insistant sur le fait que sa déclaration d’état d’urgence était une utilisation légitime de ses pouvoirs.

    Les accusations en cours

    Yun fait face à des accusations de rébellion, un crime dont le président sud-coréen actuel n’est pas protégé par l’immunité. Il a été arrêté mercredi lors d’une vaste opération de sécurité qui a également ciblé sa résidence, entraînant l’arrestation de neuf personnes, dont le ministre de la Défense, le chef de la police et plusieurs hauts responsables militaires de son gouvernement, pour des charges liées à l’application de l’état d’urgence.

    Conséquences juridiques potentielles

    Si la cour accepte la demande des enquêteurs, la détention de Yun pourrait être prolongée de 20 jours, période durant laquelle l’affaire serait transférée au bureau du procureur pour l’inculpation. Si la cour refuse la demande, Yun sera libéré et pourra retourner à sa résidence.

    Si des accusations de rébellion et d’abus de pouvoir sont retenues contre Yun, il pourrait être maintenu en détention jusqu’à six mois avant son procès. Selon la législation sud-coréenne, l’organisation de la rébellion est passible de réclusion à perpétuité ou de peine de mort.

    Les avocats de Yun ont soutenu qu’il n’était pas nécessaire de le maintenir en détention pendant l’enquête, affirmant qu’il ne représentait pas un risque de fuite ou de destruction de preuves. Cependant, les enquêteurs ont noté que Yun avait ignoré plusieurs demandes de comparution pour interrogatoire et que le service de sécurité présidentiel avait empêché une tentative de son arrestation le 3 janvier, soulevant des inquiétudes quant à sa conformité aux procédures judiciaires s’il n’était pas en détention.

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