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La révolte des potiches : hôtesses en lutte contre le sexisme

par Sara
France

Les hôtesses d’accueil, souvent présentes dans les événements sportifs, culturels ou les salons professionnels, sont confrontées à un environnement de travail difficile, marqué par le sexisme et le racisme. Un nouveau documentaire leur offre une plateforme pour partager leur vécu et leurs luttes, diffusé sur France.tv.

Un sourire imposé

Dans ce métier, le sourire est essentiel. Les hôtesses doivent garder un sourire constant, sous peine de faire face à des remarques désobligeantes de leurs employeurs. La majorité d’entre elles sont étudiantes et travaillent dans des conditions précaires, cherchant à concilier leur emploi avec leur emploi du temps chargé.

Cependant, pour réussir dans ce domaine, il est crucial de répondre à des critères esthétiques stricts imposés par les agences de recrutement. Une des hôtesses témoigne : « Ce qui compte, c’est la manière dont on se présente. Garder le sourire. Avoir un regard un peu chaleureux. Un petit pot de fleurs ! »

Des critères physiques restrictifs

Le terme « potiche » semble particulièrement adapté à ces jeunes femmes, souvent contraintes d’adopter des coiffures spécifiques comme le chignon. Une vidéo d’une session de recrutement révèle les exigences de l’agence : « On vous demande un chignon classique, c’est simple. Évitez les tresses extravagantes, pas de dreads, et pas de couleurs de cheveux trop vives. »

Un héritage daté

Le rôle des hôtesses d’accueil remonte à 1958, lors de l’Exposition Universelle de Bruxelles, où des « hôtesses de terre » ont été engagées pour la première fois. Gabrielle Schütz, sociologue du travail, explique : « À cette époque, on commence à mettre en place des hôtesses d’accueil en partenariat avec les premières écoles dédiées. »

Ce métier est souvent perçu comme secondaire, les hôtesses étant considérées comme des éléments de décor, soumises à des remarques sexistes et dégradantes. Les recruteurs leur dictent de rester calmes et professionnelles en toute circonstance.

Des expériences dégradantes

Les témoignages des hôtesses révèlent des expériences troublantes. L’une d’elles raconte avoir reçu une remarque d’un visiteur lors d’un salon : « Il m’a dit, ‘tu ressembles à une Audi’. Je ne sais toujours pas si c’est un compliment ou pas. » Ces commentaires incessants s’ajoutent à un climat de harcèlement et de mépris.

Une marchandisation de l’image

Les hôtesses sont souvent présentées dans des catalogues, à la manière d’« escort girls », illustrant une dynamique de pouvoir problématique. Une hôtesse témoigne : « Cela montre que le client a tellement d’argent qu’il peut recruter des jeunes femmes attirantes. »

En matière de rémunération, elles touchent environ 11,52 euros de l’heure, devant néanmoins financer elles-mêmes leur maquillage et leurs tenues.

Un mouvement vers la reconnaissance

Sans représentation syndicale, ces femmes peinent à faire entendre leur voix. Toutefois, le mouvement #metoo leur a donné le courage de s’exprimer et de revendiquer leurs droits. Le documentaire « La révolte des potiches » de Jérémy Bulté leur offre enfin l’opportunité de partager leur vérité, souvent ignorée pendant leurs missions.

Le documentaire « La révolte des potiches » est disponible gratuitement sur la plateforme France.tv.

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