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Carles Puigdemont, le leader de Junts, a demandé à Bruxelles un transfert de compétences pour que la Catalogne puisse gérer ses propres politiques d’immigration, y compris la fixation de quotas pour les étrangers résidant dans la région et la possibilité d’expulser des immigrants.
Une demande sans précédent en Europe
Aucun pays de l’Union européenne n’a délégué à ses régions le contrôle des frontières et la gestion intégrale de l’immigration, une exigence que Junts formule pour avancer vers la souveraineté catalane. Cette demande représente un point de tension entre Puigdemont et le président Pedro Sanchez, qui a été mis à l’épreuve récemment par le vote des députés de Junts qui ont renversé le décret omnibus du gouvernement.
Les exigences de Junts
Junts souhaite que le gouvernement central conclue un accord sur l’immigration avant que le Congrès ne débatte une initiative enregistrée en décembre, requérant que Pedro Sánchez « envisage la possibilité » de soumettre son gouvernement à une question de confiance.
Le PSOE a déjà commencé à réagir. En novembre, le président de la Generalitat, Salvador Illa, a annoncé que les Mossos d’Esquadra prendraient en charge la sécurité des ports et des aéroports de Catalogne, ce qui se traduirait par le retrait de la Police Nationale et de la Guardia Civil de ces installations.
Demandes constitutionnelles complexes
Pourtant, cela ne suffit pas. Puigdemont réclame trois changements problématiques sur le plan constitutionnel : que les Mossos contrôlent également les frontières et que la Generalitat ait le pouvoir de déterminer le quota d’étrangers pouvant résider en Catalogne et d’expulser des immigrants.
Contexte légal et politique
Le Tribunal Constitutionnel a jugé en 2010 qu’il serait « clairement inconstitutionnel » que la Generalitat tente d’assumer certaines compétences sur l’immigration, qui sont réservées à l’État, comme le contrôle des quotas. L’article 149.1.2ª de la Constitution établit que « l’État a compétence exclusive » sur des matières telles que la nationalité et l’immigration.
Malgré cela, plusieurs communautés autonomes, comme l’Andalousie et la Communauté valencienne, ont acquis des compétences sur l’intégration des immigrants. Cependant, le transfert du contrôle des frontières et l’établissement de quotas de résidents étrangers sont considérés comme des limites constitutionnelles infranchissables.
Répercussions sur l’immigration en Catalogne
Si un accord sur l’immigration était atteint, la Catalogne se distinguerait comme un cas unique, puisque aucun autre pays de l’UE n’a délégué ces compétences à ses régions. Des pays comme la Belgique et l’Allemagne ont accordé à leurs régions certaines prérogatives concernant l’accueil et l’intégration des immigrants, mais les ambitions de Puigdemont vont bien au-delà.
Les tensions sociales liées à l’immigration irrégulière sont à l’origine de la montée des partis d’extrême droite en Europe, y compris la France, l’Italie et l’Allemagne. En Catalogne, Junts est également influencé par la dynamique du parti indépendantiste Aliança Catalana, qui lie immigration illégale et criminalité.
Situation actuelle en Europe
Les statistiques de l’UE montrent qu’en 2023, 27,3 millions de personnes provenant de pays tiers résidaient dans l’UE, ce qui représente 6,1 % de la population totale. En 2022, 5,1 millions d’immigrants sont entrés dans l’UE, un chiffre plus du double par rapport à l’année précédente.
En France, 5,6 millions d’étrangers résident actuellement, dont 4 millions venant de l’extérieur de l’UE. Le nouveau ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a récemment annoncé un durcissement des conditions de régularisation pour les immigrants illégaux, imposant au moins sept ans de résidence et la maîtrise de la langue française.
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