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L’esthétique des espaces liminaux : un voyage troublant

par Sara
France

Popularisé notamment par la série Severance, la plus regardée sur Apple TV+, cet univers mi-inquiétant, mi-mélancolique, trouve sa racine dans le web et la diffusion d’images étranges pourtant très familières.

Un univers troublant

C’est un univers que vous avez peut-être déjà approché, en particulier si vous êtes spectateur ou spectatrice de la série américaine Severance, qui captive des millions de téléspectateurs chaque semaine dans une entreprise aux bureaux aussi immenses qu’inquiétants, à la fois futuristes et totalement rétro.

Cette esthétique, elle a un nom : on parle d’espaces liminaux. « C’est quelque chose d’assez insaisissable, mais c’est à la base un espace de transition entre deux destinations : un couloir de métro, un hall d’aéroport… Des espaces dans lesquels on ne fait que passer, mais on ne vit pas », explique le vidéaste ALT236, qui a également consacré un ouvrage à ce sujet, Liminal, les nouveaux espaces de l’angoisse (ed. Hoëbeke). « Quand on parle d’espaces liminaux, on parle d’une esthétique qui vise à saisir ces lieux-là dans des moments où ils sont vidés de toute présence humaine. Quand on les regarde avec ce prisme, une inquiétante étrangeté s’en dégage ».

La culture web à l’origine de cette esthétique

Mais quel rapport avec Internet ? Cette esthétique a été mise en lumière par la culture web, avec des milliers d’images prises dans des lieux abandonnés ou délabrés qui suscitent l’intérêt et la fascination des internautes. Sur des chaînes YouTube ou des réseaux comme Reddit, les utilisateurs se questionnent sur la véracité de ces images, leur provenance et les histoires étranges qui leur sont associées.

Un phénomène participatif

C’est là que le phénomène se révèle intrinsèquement web : il est participatif. « Si ces images ont autant été accueillies par Internet, c’est que tout le monde peut s’emparer d’un lieu autour de lui, le prendre en photo et le partager. Et pour peu qu’on mette une phrase pour lui donner une ambiance, si on prend un couloir d’hôtel vide, et qu’on dit ‘je suis perdu dans un espace liminal’, ça donne déjà une couleur. Tout le monde peut s’en emparer », selon ALT236. « C’est ça qui est fou : quand on présente à quelqu’un le concept d’espace liminal, il se met à en voir un peu partout ».

Les Backrooms et la peur collective

Le meilleur exemple de cela est connu sous le nom de Backrooms, un immense projet parti d’une simple image d’un vieux local vide aux murs jaunâtres, devenu dans l’imaginaire collectif un labyrinthe de salles et de couloirs tous plus énigmatiques les uns que les autres. Ce phénomène permet de ressentir une certaine peur, un peu comme autour d’un grand feu de camp virtuel avec des histoires inquiétantes.

On retrouve également cette esthétique dans d’autres pans de la pop culture, notamment avec des séries comme Severance ou des jeux vidéo tels que Superliminal et Pools. Ces univers contribuent tous, à leur manière, à étoffer cet univers qui est comme une grande page blanche où chacun et chacune peut projeter ses propres anxiétés.

Un exemple d'espace liminal
Espaces Liminaux | Severance | Esthétique | Culture Web | Images Étranges | France
source:https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/net-plus-ultra/net-plus-ultra-du-vendredi-28-fevrier-2025-2392800

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