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Les États-Unis viennent de franchir une étape historique avec la désignation officielle de l’anglais comme langue unique du pays, grâce à un décret signé par Donald Trump le 1er mars. Cette initiative vise à *« promouvoir l’unité »* au sein de la nation.
Un décret controversé
Dans le texte du décret, il est stipulé que *« Il est dans le meilleur intérêt de l’Amérique de désigner une – et seulement une – langue officielle »*. Cependant, cette décision pourrait également avoir des répercussions sur l’aide aux immigrés, comme le souligne Romuald Sciora, directeur de l’Observatoire politique et géostratégique des États-Unis de l’Iris. Il s’interroge : *« Vu l’importance et la puissance des hispanophones en Amérique, les dommages risquent d’être très profonds. Ce décret va les humilier, comment vont-elles réagir ? »*
Impact sur les agences fédérales
Concrètement, ce décret signifie que les agences fédérales ne seront plus tenues de fournir des services en d’autres langues que l’anglais, bien qu’elles puissent toujours le faire si elles le souhaitent. Cette décision annule un texte de 2000, adopté sous la présidence de Bill Clinton, qui visait à faciliter l’accès aux services publics pour *« les personnes dotées d’une maîtrise limitée de l’anglais »*.
Une question politique récurrente
La question d’une langue officielle aux États-Unis est un sujet récurrent dans la politique américaine. Au cours du dernier siècle, plusieurs propositions législatives ont échoué à obtenir un consensus au Congrès. Actuellement, selon les données de 2023 du Bureau du recensement, 43 millions de personnes parlent espagnol à la maison. Sciora fait remarquer : *« Il faut légiférer, mais il me semble qu’il est bien trop tard pour décider que l’anglais sera la langue officielle. L’espagnol est voué à devenir majoritaire dans le pays d’ici la fin du siècle, on ne peut rien y faire. C’est déjà, de facto, une seconde langue officieuse »*.
Vers un avenir multilingue ?
Romuald Sciora propose que la solution *« la plus courageuse »* serait de faire des États-Unis un pays multilingue, ou plutôt bilingue, comme dans de nombreux pays. Il cite l’exemple du Canada, où l’anglais et le français sont reconnus comme langues officielles.
