Accueil Loisirs et divertissementsCultureDarkenbloom : Un Roman Satirique sur l’Amnésie Historique

Darkenbloom : Un Roman Satirique sur l’Amnésie Historique

par Sara
France

« Darkenbloom », le nouveau roman d’Eva Menasse, se déroule dans une ville frontalière européenne fictive, où un narrateur omniscient dévoile une réalité intrigante. Avec plus de quatre cents cinquante pages, l’ouvrage nous plonge dans un univers complexe. La ville, située dans un coin reculé de l’Autriche, est marquée par un château en ruines, un hôtel central nommé Tüffer, quelques supermarchés et une gare aux constructions successives de plus en plus décevantes. Les habitants, comprenant un épicier, un agent de voyage, un médecin généraliste et un maire, voient leur quotidien perturbé par l’arrivée de deux mystérieux hommes à l’été 1989.

Un Narrateur Singulier

Le narrateur de « Darkenbloom » se distingue par sa tonalité satirique. Elle nous explique, par exemple, que le château a été démoli après la Seconde Guerre mondiale, insinuant que « quelqu’un a dû en tirer profit, car c’est toujours le cas. » La ville se divise entre une vieille partie pittoresque aux ruelles sinueuses et une section moderne, « horriblement fonctionnelle », où les habitants continuent leur vie comme si de rien n’était, en se contentant de « manger des boulettes et des cerveaux d’œufs tout en pensant à rien. »

Amnésie Historique et Retour aux Sources

La roman traite de l’amnésie historique, où les habitants semblent ignorer les événements tragiques qui ont marqué leur passé. Deux des personnages principaux, Lowetz et Sascha Goldman, reviennent dans cette ville chargée d’histoires. Lowetz, qui a grandi ici, revient après la mort de sa mère, tandis que Sascha, dont le passé est entouré de mystère, cherche des réponses à des questions restées en suspens pendant des décennies.

Un Passé Sombre

Menasse évoque les douleurs d’une ville qui porte en elle le poids d’une histoire oubliée. En 1989, un groupe d’étudiants de Vienne arrive pour restaurer le cimetière juif, ravivant ainsi des souvenirs que beaucoup préfèreraient voir disparaître. Le maire, impuissant, se heurte à une résistance de la part des habitants qui souhaitent ignorer ces rappels du passé. L’œuvre souligne l’ironie d’une société qui préfère « penser à rien » face à une mémoire collective troublée.

Un Écho à la Réalité Historique

« Darkenbloom » trouve ses racines dans des événements réels, inspirés par le village de Rechnitz, où des travailleurs forcés juifs ont été exécutés à la fin de la guerre. Menasse, avec un style incisif, met en lumière les mécanismes de la mémoire et de l’oubli, tout en nous faisant réfléchir sur la manière dont les sociétés se réapproprient leur histoire. Le récit, oscillant entre satire, ironie et tragédie, invite à une introspection profonde sur le passé et ses répercussions.

Darkenbloom Book Cover

En fin de compte, « Darkenbloom » n’est pas seulement un roman sur une petite ville, mais une critique acerbe des comportements humains face à l’Histoire, soulignant comment l’indifférence peut parfois prévaloir sur la mémoire.

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source:https://www.newyorker.com/magazine/2025/04/14/darkenbloom-eva-menasse-book-review

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