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Tensions Inde-Pakistan : confrontations aériennes et diplomatie US

par Sara
Inde, Pakistan, États-Unis

Les tensions entre l’Inde et le Pakistan se sont intensifiées avec des affrontements aériens impliquant drones et missiles au-dessus de villes densément peuplées, alors que les États-Unis tentent d’apaiser la situation entre ces deux puissances nucléaires. Cette escalade fait suite à une attaque meurtrière le mois dernier dans la région contestée du Cachemire.

Affrontements aériens et revendications contradictoires

L’armée pakistanaise a annoncé avoir abattu plusieurs drones indiens près de grandes villes telles que Lahore, Rawalpindi et aux abords de Karachi, selon un porte-parole jeudi. De son côté, le ministère indien de la Défense a déclaré avoir « neutralisé » une tentative pakistanaise visant plusieurs cibles militaires dans le nord et l’ouest de l’Inde à l’aide de drones et de missiles, les 26 et 27 avril.

Cette riposte militaire inquiète quant à un possible regain de violence entre ces adversaires nucléaires, provoquant un plongeon des marchés boursiers pakistanais et la plus forte dépréciation de la roupie indienne depuis trois ans. Cependant, le vice-Premier ministre pakistanais Ishaq Dar a nié les accusations de l’Inde, les qualifiant de « mensonges ».

Réactions politiques et préparatifs en Inde

Le Premier ministre indien Narendra Modi a réuni jeudi les hauts fonctionnaires de plusieurs ministères pour évaluer la situation et renforcer la préparation face aux tensions croissantes. Selon un communiqué, il a demandé une révision des protocoles de communication interne et la mise à jour des dispositifs d’urgence.

Mercredi, l’Inde avait mené des frappes contre neuf cibles au Pakistan, visant prétendument des camps terroristes supposés, tout en assurant que ces opérations étaient « non escalatoires ». Selon l’armée pakistanaise, ces attaques ont causé la mort de 31 civils et représentaient la violation la plus profonde du territoire pakistanais depuis la guerre de 1971.

Origine du conflit et revendications militaires

Le conflit actuel trouve son origine dans des attaques du 22 avril dans la région de Jammu et Cachemire, où des hommes armés ont tué 26 civils. L’Inde a qualifié ces actes de terrorisme et accusé le Pakistan d’en être responsable, ce que Islamabad nie fermement.

Mercredi, l’armée pakistanaise a affirmé que ses avions de chasse d’origine chinoise avaient abattu cinq avions indiens, sans présenter de preuves, et l’Inde n’a pas confirmé ces informations. Jeudi, le Pakistan a précisé que les drones abattus étaient des Harop israéliens, des drones suicides qui transportent des explosifs et se détruisent à l’impact.

Lors d’une conférence de presse jeudi, le secrétaire aux Affaires étrangères indien Vikram Misri a indiqué que des informations concernant les avions abattus seraient communiquées « en temps voulu ».

Pressions diplomatiques et financières

Interrogé sur la demande de New Delhi auprès du Fonds monétaire international (FMI) pour réexaminer ses prêts au Pakistan, Vikram Misri a affirmé que le directeur exécutif indien au FMI présenterait la position de son pays lors de la réunion du conseil d’administration. Il a souligné que « le cas du Pakistan devrait être évident pour ceux qui continuent à financer généreusement ce pays ».

Le ministère indien de la Défense a précisé que les forces armées avaient ciblé, jeudi matin, des radars et systèmes de défense aérienne à plusieurs endroits au Pakistan, avec une intensité comparable à celle des frappes pakistanaises. Par ailleurs, des échanges de tirs transfrontaliers ont fait 16 morts à ce jour. Face à la montée des tensions, l’Inde a suspendu les vols civils vers plus de 25 aéroports.

Conséquences économiques et réactions sur les marchés

La Bourse pakistanaise a chuté suite à l’annonce des attaques de drones jeudi, provoquant une suspension des échanges d’une heure. L’indice KSE-30 a enregistré une baisse provisoire de 7,3 %, soit son plus fort recul depuis le début de la pandémie.

Ali Raza, responsable du trading international chez BMA Capital Management, a déclaré que ces rapports signalent une escalade inquiétante. Sans cesse cessez-le-feu ou intervention diplomatique, les tensions devraient perdurer, ce qui nuit au moral des investisseurs.

En Inde, l’indice Nifty 50 a clôturé en baisse de 0,6 %, tandis que la roupie a dévissé de plus de 1 % face au dollar, enregistrant sa plus forte chute intrajournalière depuis plus de trois ans. Les obligations ont inversé leurs gains antérieurs.

Samsara Wang, analyste en titres souverains asiatiques chez PineBridge, estime que le risque géopolitique influence clairement l’évaluation de l’Inde par les investisseurs internationaux, expliquant la sous-performance récente de la roupie. Néanmoins, les conflits indo-pakistanais n’ont pas eu d’impact durable sur les actifs financiers indiens et leurs effets devraient rester limités et temporaires.

Appels à la retenue et rôle des États-Unis

Le ministre indien des Affaires étrangères Subrahmanyam Jaishankar a affirmé jeudi qu’il n’était pas dans l’intention de l’Inde d’intensifier le conflit, tout en prévenant que le pays riposterait en cas d’attaque. Ces propos ont été tenus lors d’une rencontre avec son homologue iranien Abbas Araghchi.

Les États-Unis, ainsi que d’autres grandes puissances mondiales, ont appelé à la retenue. Le président américain Donald Trump a qualifié le conflit de « terrible » et a exprimé son souhait que les deux nations « trouvent une solution ».

Il a déclaré lors d’un événement à la Maison-Blanche : « Ils se sont livrés à des représailles, j’espère qu’ils vont maintenant s’arrêter. Nous entretenons de bonnes relations avec les deux pays, et je veux que cela cesse. Si je peux aider, je serai là. » Quelques heures plus tard, le secrétaire d’État Marco Rubio a échangé avec le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, insistant sur la nécessité de désescalade.

Rappels historiques

La dernière fois que l’Inde et le Pakistan ont frôlé une guerre totale remonte à 2019, suite à un attentat-suicide qui avait tué 40 membres des forces de sécurité indiennes. L’Inde avait alors imputé la responsabilité au Pakistan et mené ses premières frappes aériennes en territoire pakistanais depuis 1971. En représailles, le Pakistan avait abattu un avion indien et capturé le pilote, avant de le libérer peu après. Les tensions s’étaient alors apaisées.

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source:https://finance.yahoo.com/news/india-pakistan-trade-blame-more-155617886.html

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