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Plus de 1,3 million de Soudanais déplacés en raison du conflit, dont un million de déplacés internes, ont déjà regagné leur domicile. Malgré l’arrêt des combats dans certaines régions, les conditions restent dangereuses, avertissent les agences des Nations Unies.
Un retour massif sous condition
Selon un communiqué conjoint de la Commission des Nations Unies pour les réfugiés, de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), de nombreux déplacés internes prennent la décision courageuse de revenir dans leurs foyers.
Mamadou Dian Baldé, coordinateur régional de la Commission pour la crise soudanaise, a déclaré depuis Nairobi que plus d’un million de déplacés internes sont rentrés chez eux ces derniers mois. Il a souligné que ces personnes rentrent souvent sans aucun bien matériel.
Le retour a débuté fin 2024, mais la majorité des 320 000 personnes retournées l’ont fait depuis janvier 2025. Ces populations se dirigent principalement vers les régions de Khartoum, Sennar et Al Jazirah, gravement affectées par plus de deux ans de guerre, selon les agences onusiennes.
Fluctuations dans les mouvements de retour
Osman Al-Balbisi, directeur régional de l’OIM basé à Port-Soudan, précise que les flux de retour ont connu un pic au début de l’année, tandis que ceux vers Khartoum ont augmenté progressivement depuis mars.
Les combats acharnés entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide depuis avril 2023 ont causé des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés, générant une crise qualifiée par l’ONU comme la plus dévastatrice au monde.
Les Nations Unies estiment que près de 2,1 millions de personnes pourraient revenir à Khartoum d’ici la fin de l’année, sous réserve d’améliorations sécuritaires et de la reprise rapide des services essentiels.
À ce jour, environ 10 millions de déplacés internes persistent au Soudan, dont 7,7 millions forcés de fuir en raison du conflit actuel.
Violences persistantes dans le Kordofan occidental
Parallèlement à ces retours, la violence continue de faire des victimes. Le groupe « Avocats d’urgence » a rapporté vendredi la mort d’au moins 30 civils lors de deux attaques menées par les Forces de soutien rapide les 23 et 24 juillet dans le village de Brima Rashid, au nord de la ville de Néhoud, sous contrôle des mêmes forces dans la région du Kordofan occidental.
- Trois civils tués le premier jour, 27 le lendemain.
- Parmi les victimes figurent des femmes et des enfants.
- Les attaques sont qualifiées de violations flagrantes du droit international humanitaire.
Ces combats sporadiques ont touché un point de passage clé pour les renforts militaires vers l’ouest du pays. Dans les jours récents, des affrontements intensifs ont secoué Néhoud et ses environs, causant la mort de dizaines de civils et des attaques contre des quartiers résidentiels.
Atteintes aux infrastructures médicales
Le groupe « Avocats d’urgence » a également dénoncé l’envahissement par les Forces de soutien rapide de l’hôpital Al-Bachir, de l’hôpital universitaire et du centre médical du Dr. Suleiman à Néhoud. Ces actes sont considérés comme une violation grave des sanctuaires médicaux.
Toute personne refusant de quitter ces établissements aurait été battue ou arrêtée. Aucune réaction officielle des Forces de soutien rapide n’a été communiquée à ce sujet.
Par ailleurs, des organisations de défense des droits humains et des responsables onusiens ont documenté des exactions, des nettoyages ethniques et d’autres atrocités, notamment dans les régions du Darfour et du Kordofan occidental.