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Alors que se déroule au Zimbabwe la Conférence de l’ONU sur les zones humides, une nouvelle étude met en lumière le fait que les tourbières suisses continuent de s’assécher, malgré leur statut protégé. Le 19h30 de la RTS a visité le haut-marais de Rothenthurm (SZ), le plus vaste du pays.
Un état préoccupant des marais
Malgré les pluies récentes, l’état de certaines zones du haut-marais de Rothenthurm est alarmant. La végétation en témoigne, selon Ariel Bergamini, qui examine les marais suisses depuis près de 30 ans.
« Ici, le marais est clairement trop sec. On le voit à la dominance des arbustes nains, notamment la callune. Elle ne pousserait pas s’il y avait suffisamment d’eau », déclare-t-il dans le 19h30 de la RTS.
En conditions normales d’humidité, la mousse rouge devrait être omniprésente. Or, elle est aujourd’hui en nette diminution.
« Ce sont ces mousses qui fabriquent la tourbe. Grâce à leurs racines, elles transportent le dioxyde de carbone dans le sol, faisant des tourbières d’importants puits de carbone », ajoute le chercheur au WSL.
Une diminution préoccupante des surfaces
Selon l’étude réalisée pour la Confédération, la surface des tourbières suisses continue de diminuer : 6,5 % des hauts-marais se sont asséchés au cours des six dernières années, soit l’équivalent de 100 terrains de football.
Bien que les tourbières soient protégées depuis 1987 grâce à l’initiative de Rothenthurm, cette protection ne semble pas suffisante. Ariel Bergamini explique : « L’assèchement est surtout dû aux canaux de drainage. On les creusait autrefois pour assécher les marais. Aujourd’hui, ils continuent à évacuer l’eau. »
Appel à l’action pour la protection des biotopes
Pour Pro Natura, il est crucial que les cantons et la Confédération investissent davantage dans la renaturation de ces biotopes d’importance nationale. Contactée par la RTS, la Confédération a indiqué qu’en raison de sa mauvaise situation budgétaire, elle ne peut débloquer davantage de fonds pour le moment.