Volodymyr Zelensky voit sa possible participation au sommet entre Donald Trump et Vladimir Poutine, prévu le vendredi 15 août en Alaska, rester incertaine : cinq jours avant la rencontre, la Maison‑Blanche hésite encore à inviter le président ukrainien, selon plusieurs sources américaines, tandis que Moscou est resté jusqu’ici inflexible.
Volodymyr Zelensky et l’hypothèse d’un sommet trilatéral le 15 août
Depuis l’annonce surprise du rendez‑vous diplomatique destiné, selon Washington, à ouvrir une voie vers la fin du conflit entre Kiev et Moscou, la question de l’invitation de Volodymyr Zelensky est restée en suspens. Initialement, la séquence semblait devoir se limiter à un tête‑à‑tête entre le président américain et le président russe : « La rencontre tant attendue entre moi‑même, président des États‑Unis d’Amérique, et le président russe Vladimir Poutine aura lieu vendredi prochain », s’était félicité Donald Trump dans un message publié sur son réseau Truth Social, sans mentionner le dirigeant ukrainien.

Selon le New York Times, la Maison‑Blanche a pourtant tenté, au moment de fixer la date, d’impliquer Volodymyr Zelensky dans le sommet, mais Moscou a opposé une fin de non‑recevoir. Dimanche, la possibilité d’un déplacement du président ukrainien en Alaska a cependant semblé se préciser : « Je pense que c’est tout à fait possible », a déclaré sur CNN l’ambassadeur américain auprès de l’Otan, Matthew Whitaker. Il a ajouté : « Vous savez, il ne peut y avoir d’accord auquel toutes les parties prenantes ne soient pas favorables. »
Plusieurs sources proches de la Maison‑Blanche ont confirmé à NBC News qu’une invitation à Zelensky était envisagée. « Le président [Trump] reste ouvert à un sommet trilatéral avec les deux dirigeants », a indiqué l’une d’elles, sous couvert d’anonymat. Le vice‑président J.D. Vance s’est montré plus prudent : « Nous en sommes maintenant à un point… Nous essayons de déterminer, franchement, le calendrier et d’autres éléments, quand ces trois dirigeants pourraient se réunir et discuter de la fin de ce conflit », a‑t‑il déclaré sur Fox News, précisant que l’objectif était de parvenir à « un accord négocié avec lequel les Ukrainiens et les Russes pourront vivre dans une paix relative ».
Moscou jusque‑là intransigeant sur une rencontre avec Zelensky
La perspective de négocier l’avenir de l’Ukraine sans la présence de Kiev inquiète les autorités ukrainiennes et leurs alliés européens. Volodymyr Zelensky a averti samedi, sur X : « Toute décision défavorable à nous, toute décision prise sans l’Ukraine, est en même temps une décision contraire à la paix. Elle n’aboutira à rien. » Les ministres européens des Affaires étrangères ont prévu une « réunion extraordinaire » en visioconférence, lundi, en présence de leur homologue ukrainien Andrïï Sybigua, pour tenter de faire pression afin d’associer Kiev aux discussions.
Depuis le début de l’invasion russe, en février 2022, Vladimir Poutine a refusé de rencontrer en tête‑à‑tête son homologue ukrainien, estimant que « les conditions » n’étaient pas réunies pour une telle entrevue. Durant ces trois ans et demi de conflit, le Kremlin a multiplié les attaques verbales contre le président ukrainien et présente la guerre comme une opération de « dénazification » de l’Ukraine, qualifiant fréquemment Volodymyr Zelensky de chef d’un prétendu régime totalitaire.
Interrogations et silence dominent encore à Moscou : ces dernières heures, aucune déclaration publique n’a fait état d’un éventuel assouplissement du refus russe. Matthew Whitaker a résumé la situation en ces termes : « Aucune décision n’a été prise » pour le moment par Donald Trump sur l’invitation du président ukrainien. De son côté, la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Kaja Kallas, a appelé à inclure l’Ukraine dans les négociations : « Tout accord entre les Etats‑Unis et la Russie doit inclure l’Ukraine et l’UE, car c’est une question de sécurité pour l’Ukraine et pour l’ensemble de l’Europe », a‑t‑elle souligné dimanche dans un communiqué.
Reste à savoir si, d’ici au 15 août, Washington tranchera pour une réunion bilatérale ou pour un format trilatéral incluant Volodymyr Zelensky ; en l’état, les positions, tant à Bruxelles qu’à Moscou, et au sein même de l’administration américaine, demeurent contrastées.