Aller au contenu

Jeudi 15 octobre 2026 Mis à jour à 9 h 04

Lire sans pub
Pourquoi Israël vise les « villes calmes » de Cisjordanie ?

Pourquoi Israël vise les « villes calmes » de Cisjordanie ?

Par Sara 3 min de lecture 1 source Palestine, Israël

Garder Discussion

Les opérations militaires israéliennes en Cisjordanie ne se cantonnent plus aux villes traditionnellement en première ligne du conflit. Ces dernières semaines, des incursions, des fouilles, des destructions d’infrastructures et une présence militaire visible ont touché des localités jusque-là considérées comme « villes calmes Cisjordanie », soulevant de nombreuses questions sur la nature et les objectifs de ce changement de stratégie.

Une opération à Salfit perçue comme disproportionnée

La ville de Salfit a été le théâtre d’un des plus importants raids militaires récents. Pendant près de douze heures, des centaines de soldats et plusieurs dizaines de véhicules ont investi la ville, selon des témoins locaux.

Les forces ont notamment fermé les principaux accès, imposé un périmètre autour de l’hôpital Yasser Arafat, fouillé plus d’une centaine de maisons et transformé certains logements en postes militaires. Des tracts ont été distribués, affirmant que l’opération visait « à prévenir le terrorisme », tandis que des habitants ont signalé des blessés et des dégâts matériels.

  • Fermeture des entrées et mise en place d’un cordon de sécurité;
  • Perquisition d’une centaine cinquante domiciles;
  • Imposition d’un couvre-feu temporaire et destructions ciblées;
  • Déploiement d’unités héliportées pour des descentes rapides.

Plusieurs observateurs locaux estiment que le caractère massif de l’intervention dépasse les impératifs sécuritaires affichés et vise plutôt à imposer un nouveau rapport de forces sur le terrain, en intimidant la population.

Un lien direct avec l’expansion coloniale

Ces opérations s’inscrivent, selon des analystes, dans une dynamique de pression territoriale destinée à faciliter l’expansion des implantations. Autour de Salfit, des chantiers d’aménagement sont en cours pour créer un vaste quartier colonial, occupation de terres incluse, sur plusieurs milliers de dunums.

La proximité des travaux de colonisation avec des quartiers résidentiels accroit la sensation d’étouffement des habitants, en particulier dans les zones classées « C » par les accords d’Oslo, sous contrôle exclusif des autorités israéliennes.

Diviser pour mieux contrôler, selon les analystes

Pour le politologue Suleiman Basharat, la distinction entre « villes calmes » et « villes de confrontation » n’est pas un constat neutre mais un instrument de gestion coloniale. Cette catégorisation, explique-t-il, permet d’appliquer des politiques différenciées : récompenses et facilités pour certaines zones, pressions et sanctions pour d’autres.

Il souligne que cette approche participe d’un processus plus large de « conquête graduelle », utilisant une série d’étapes et d’outils pour modifier progressivement la géographie et la démographie de la Cisjordanie.

Une réponse palestinienne contrainte mais résistante

La stratégie de l’Autorité palestinienne, visant à « ne pas fournir de prétextes » pour une escalade, pousse parfois les habitants à s’adapter par nécessité, sans pour autant signifier un abandon de la contestation. Les expériences des deux intifadas ont montré que les populations trouvent des solutions de contournement face aux restrictions et aux sièges imposés.

Les spécialistes estiment que ce comportement d’adaptation est double : il traduit à la fois une volonté de survie quotidienne et une détermination à préserver la capacité de résister à plus long terme.

La logique des raids et l’usage des colons

Issa Ziboun, chercheur à l’institut ARIJ, rappelle que l’étiquette de « ville calme » a été forgée pour justifier des mesures de contrôle comme les arrestations, les démolitions et l’installation de barrières. Selon lui, toutes les villes de Cisjordanie sont potentiellement visées, mais certaines le sont davantage en raison de leur situation géographique ou de projets de colonisation à leur proximité.

Il note également le rôle des colons comme bras effectif de la pression territoriale : occupations de terres, création de voies de contournement et accroissement de la pression quotidienne sur les populations locales s’inscrivent dans une stratégie combinée au déploiement militaire.

En l’absence d’une évolution politique majeure, la multiplication des incursions dans ce qui était perçu comme des « villes calmes Cisjordanie » témoigne d’un mélange d’objectifs sécuritaires proclamés et d’intérêts territoriaux avérés. Ce double mouvement augmente le risque d’un élargissement des affrontements et favorise une recomposition durable de la carte démographique et géographique de la région.

La source

Signaler une erreur
  1. 1aljazeera.netaljazeera.net (nouvel onglet)

Cet article vous a-t-il aidé à comprendre ?

Connectez-vous pour donner votre avis : il aide la rédaction à savoir ce qui reste à expliquer.

Abonnement One Media

Lisez One Media sans publicité

Formule

Aucune publicité sur votre compte, votre carte de lecteur numérotée à votre nom, résiliable à tout moment.

Toutes les formules, dont l’annuel avec 2 mois offerts

Discussion

Soyez le premier à réagir. Un compte gratuit suffit ; le premier message est relu avant publication.

Se connecter Créer un compte

À lire ensuite

Tout le fil

Explorer

Chargement des rubriques…

Votre compte

Créez un compte gratuit pour garder des articles, suivre des rubriques, retrouver votre historique et participer aux débats.

Se connecter Créer un compte