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Le référendum sur le drapeau allemand et l’hymne nationale proposé par Ramelow relance le débat sur l’identité nationale : l’ancien ministre‑président de Thuringe et vice‑président du Bundestag estime que de nombreux citoyens ne s’identifient pas à la symbolique actuelle et demande une consultation nationale.
Ramelow propose un référendum sur le drapeau allemand et l’hymne nationale
Bodo Ramelow, ancien ministre‑président de Thuringe et actuel vice‑président du Bundestag, a réitéré son souhait d’ouvrir deux questions symboliques en Allemagne : la couleur du drapeau et le choix de l’hymne national. Dans un entretien accordé à la Rheinischen Post, il a déclaré que « die Nationalhymne aus vielerlei Gründen nicht mitsingen. Ich würde daher tatsächlich gerne die Kinderhymne von Bertolt Brecht zur Abstimmung stellen ».
Le député de La Gauche a expliqué qu’il connaissait « beaucoup d’Allemands de l’Est » qui, pour diverses raisons, n’entendent pas chanter l’hymne national actuel. Il a ajouté que la « Kinderhymne » de Bertolt Brecht possède « un merveilleux texte » et que « über die Passage, dass ein besseres Deutschland blühe, könnten wir Zugang zu einer gesamtdeutschen Hymne finden, die wir alle zusammen mit Freude singen könnten ». Malgré cette proposition, Ramelow a précisé chanter lui‑même l’hymne actuel « mit Begeisterung », car il en comprend le contexte.
Outre la question de l’hymne, il a demandé que soit mise au vote la couleur du drapeau fédéral. Sur ce point, il a déclaré : « Ich weiß, dass Schwarz-Rot-Gold die Absage an totalitäre Strukturen ist. Viele fremdeln aber auch mit der Nationalfahne ». Pour encadrer constitutionnellement une telle consultation, Ramelow a évoqué l’article 146 de la Loi fondamentale et a dit : « Ich würde das alles mit Artikel 146 zur Abstimmung stellen wollen, der ja besagt, dass das Grundgesetz seine Gültigkeit verliert, sobald eine neue Verfassung in Kraft tritt, die vom deutschen Volk in freier Entscheidung beschlossen wurde. »
Passé et tentatives antérieures : la discussion de 2019
Ce n’est pas la première fois que Ramelow suscite ce type de débat. À l’occasion du 30e anniversaire de la chute du mur en 2019, il avait déjà relancé une discussion publique sur l’hymne national. À l’époque, la chancelière de l’époque, Angela Merkel, n’avait pas soutenu l’idée d’un changement d’hymne, et la proposition avait ensuite perdu de son élan médiatique.
La relance actuelle par Ramelow remet ces questions symboliques au premier plan et pose explicitement la nécessité d’une décision populaire, selon lui. Son insistance sur un processus de vote national – un référendum – vise à légitimer tout changement éventuel par l’expression directe des citoyens.
Points cités par Ramelow et portée institutionnelle
Les éléments avancés par Ramelow dans son entretien portent sur plusieurs registres : mémoire historique, identification régionale et procédure constitutionnelle. Il met en avant la charge anti‑totalitaire des couleurs noir‑rouge‑or tout en soulignant la distance que ressentent certains citoyens vis‑à‑vis de ces symboles.
Sur le plan juridique, la référence à l’article 146 de la Loi fondamentale vise à rappeler que, selon ce dispositif, la Loi fondamentale cesserait d’être la constitution si une nouvelle constitution, adoptée librement par le peuple allemand, entrait en vigueur. Ramelow y voit le cadre démocratique permettant, selon lui, de soumettre au choix populaire des symboles que la collectivité juge désormais représentatifs ou non.
Ce qui a été dit et la suite attendue
Ramelow a formulé ses propositions publiquement et les a expliquées dans l’entretien à la Rheinischen Post. Il n’a pas, dans les éléments publiés, précisé de calendrier ni détaillé la procédure concrète pour engager un tel référendum à l’échelle fédérale.
La proposition soulève des questions politiques et symboliques susceptibles d’alimenter le débat public. En 2019, une tentative similaire n’avait pas trouvé d’appui au gouvernement fédéral et s’était estompée ; il appartiendra aux acteurs politiques et institutionnels de déterminer si ces propositions feront l’objet d’initiatives formelles ou resteront au stade des propositions publiques.