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Depuis sa nomination, Sébastien Lecornu multiplie les consultations pour former un gouvernement et préparer le budget 2026, en visant des compromis entre la macronie, la droite et certaines formations de gauche. À Matignon, les échanges s’enchaînent avec les blocs centraux et les partenaires, et les dirigeants affirment vouloir des ruptures sur le fond comme sur la forme sans précipiter les annonces.
À Matignon, Lecornu poursuit les consultations et vise des ruptures sur le fond
Selon les récits des interlocuteurs, Lecornu a commencé par des rendez-vous avec Gabriel Attal et Bruno Retailleau, puis a convoqué ce jeudi les responsables du bloc central — Renaissance, MoDem, Horizons — et les représentants de LR afin de resserrer les rangs autour d’une coalition fragile. « Nous irons à Matignon en républicain responsable », a déclaré Boris Vallaud sur TF1, rappelant l’exigence de clarté et de cohérence des socialistes. Pas question toutefois de précipiter les annonces, répètent les proches de l’Élysée.

Sur le fond, les discussions portent sur des compromis entre les priorités de la macronie et les exigences de la droite et de la gauche. Des interlocuteurs estiment que les socialistes veulent des concessions qui nous fassent mal et qu’ils souhaitent que l’on donne l’impression de nous sacrifier, ce qui peut compliquer les échanges. Lecornu affirme que « des ruptures, et pas seulement sur la forme » sont nécessaires et promet de ne pas négliger l’animation politique qui a manqué selon certains observateurs.
Dans ce cadre, l’objectif est aussi de clarifier les conditions pour parler budget 2026 et les réformes à engager, sans écarter la possibilité d’un nouveau partage du pouvoir si les concessions nécessaires peuvent être tenues. L’environnement politique reste prudent: les discussions techniques précèdent toute annonce majeure et chacun regarde si l’alliance peut tenir au‑delà des premiers mois.
Réactions et enjeux entre Macronie, LR et PS: le chemin vers le budget 2026
Le cadre des discussions est encore en mouvement et les partenaires tentent d’éclaircir les positions. « Cette idée qu’il faut bouger est intégrée par l’Élysée. Le Président sent la pression s’accroître sur ses épaules », résume un représentant du bloc central. L’objectif est de bâtir des compromis qui évitent l’enlisement tout en préservant la stabilité économique, et certains estiment que la direction budgétaire doit être ajustée en fonction des concessions obtenues.
Dans ce contexte, l’analyse de l’entourage insiste sur le fait que « Il vaut mieux un mauvais budget que pas de budget du tout. Donc, on peut lâcher sur les 44 milliards, les hauts revenus ou encore la taxation des entreprises… On les protège depuis des mois mais elles souffrent de l’instabilité qui gèle les marchés », poursuit un interlocuteur.
Par ailleurs, le rôle du Parti socialiste demeure source de tensions. « Les socialistes veulent des concessions qui nous fassent mal, ils veulent que l’on donne l’impression de nous être sacrifiés », confie une ministre lors d’un échange, illustrant les lignes rouges encore à négocier. Les discussions publiques pourraient être accompagnées par une série de cadres d’accord pour faire converger les positions, tout en promouvant une certaine stabilité. Selon nos interlocuteurs, c’est seulement ensuite que sera nommé le gouvernement et chacun pourra évaluer s’il souhaite y participer.
Premières étapes et perception: qui pourrait être dans le gouvernement
Selon l’analyse des interlocuteurs, la composition du cabinet dépendra des concessions obtenues et du dialogue avec LR. La présence de Bruno Retailleau semble indispensable pour travailler avec les LR, celle de Jean-Noël Barrot est décrite comme inévitable, et Gérald Darmanin a demandé à rester à la Chancellerie, un intime du Président. Amélie de Montchalin est celle qui connait le mieux le budget, Manuel Valls est en pleines négociations sur les Outre-Mer et l’on ne peut imposer au personnel enseignant un septième ministre de l’Éducation en trois ans. Fort de ce constat, l’Élysée défendait mardi que les Français avaient besoin de stabilité. « Si on ne change rien, ils vont surtout avoir le sentiment que l’on se fiche d’eux », résume un responsable.

Les échanges témoignent d’un effort soutenu pour équilibrer les forces autour de dossiers-clés et dans un contexte où les partis de gauche pourraient être invités à arbitrer certaines mesures. Les discussions, selon les interlocuteurs, pourraient se poursuivre dans les prochains jours avant une éventuelle prise de décision sur la répartition des postes et le calendrier gouvernemental.