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    Dialogue nucléaire Europe-Iran : un cercle vicieux sans issue claire

    Iran, Union européenne

    Le dialogue entre l’Europe et l’Iran sur le dossier nucléaire semble tourner en rond et pourrait déboucher sur une nouvelle escalade, en raison des pressions réciproques et des conditions préalables posées par chaque camp.
    Les trois pays européens de la troïka — Royaume-Uni, Allemagne et France — demandent un retour des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) dans les sites iraniens frappés en juin, sous peine de réactiver la « mécanisme de déclenchement ».
    Téhéran rejette cette exigence, affirmant que la remise en vigueur de sanctions serait illégale et injustifiée.

    Pression européenne et avertissement

    La troïka a mis en garde l’Iran : si les inspecteurs de l’AIEA ne peuvent pas reprendre leurs vérifications dans les installations sensibles ciblées, les pays européens réactiveront la procédure dite de déclenchement des sanctions.
    Selon le communiqué du ministère allemand des Affaires étrangères publié mercredi, la réactivation viserait aussi à répondre à l’augmentation des stocks d’uranium enrichi à haut niveau par Téhéran.
    L’avertissement européen intervient après un nouvel accord conclu ce mois-ci entre l’Iran et l’AIEA, négocié avec l’aide de l’Égypte, et à dix jours de l’expiration du délai de 30 jours fixé par les trois pays.

    • Demande principale : retour des inspecteurs de l’AIEA dans les sites frappés.
    • Conséquence promise : réactivation de la « mécanisme de déclenchement » en cas de refus.
    • Contexte diplomatique : accord récent Iran-AIEA négocié par l’Égypte.

    Réponse iranienne : illégalité et conditions

    Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a qualifié la réimposition des sanctions d’« illégale et illogique » et a réaffirmé la volonté de l’Iran de parvenir à une solution équitable et équilibrée sur le dossier nucléaire et les sanctions.
    Pour Téhéran, la hausse du niveau d’enrichissement de l’uranium et le retrait partiel ou total d’engagements doivent être compris comme des réponses au départ unilatéral des États-Unis de l’accord de 2015.
    L’argument central iranien est que l’Europe n’a pas compensé les effets du retrait américain, et qu’elle ne condamne pas les frappes contre les installations nucléaires iraniennes.

    Pour référence, la fiche consacrée à Téhéran sur le site d’Al Jazeera est accessible ici : https://www.aljazeera.net/encyclopedia/2015/3/25/%D8%B7%D9%87%D8%B1%D8%A7%D9%86.
    Le mécanisme de déclenchement évoqué par les Européens figure dans le dossier : https://www.aljazeera.net/encyclopedia/2025/7/15/%D8%A2%D9%84%D9%8A%D8%A9-%D8%A7%D9%84%D8%B2%D9%86%D8%A7%D8%AF-%D9%88%D8%B1%D9%82%D8%A9-%D8%B6%D8%BA%D8%B7-%D8%AA%D9%84%D9%88%D8%AD-%D8%A8%D9%87%D8%A7-%D8%A3%D9%88%D8%B1%D9%88%D8%A8%D8%A7.

    Points de vue d’experts : légitimité et motivations

    L’universitaire iranien Hassan Ahmadian, spécialiste des études du Moyen-Orient à l’université de Téhéran, estime que la réactivation des sanctions serait illégitime.
    Selon lui, l’Iran a augmenté son enrichissement en réaction au retrait américain de 2018 et au défaut d’indemnisation par les Européens, et non dans une démarche offensive unilatérale.
    Ahmadian souligne que l’Europe n’a pas condamné les frappes contre les installations nucléaires iraniennes et a même dénoncé, selon lui, les ripostes iraniennes.

    À l’inverse, l’ancien diplomate britannique William Patey explique que les Européens ont perdu confiance.
    Il affirme que le rapport de l’AIEA publié en juin a marqué un tournant en estimant que, pour la première fois depuis vingt ans, l’Iran n’était pas pleinement transparent ni conforme sur certains aspects de son programme nucléaire.
    Pour Patey, les Européens considèrent que les niveaux d’enrichissement atteints ne peuvent s’expliquer que par des objectifs susceptibles d’être militaires, ce qui justifie, selon eux, l’usage de sanctions préventives.

    • Position d’Ahmadian : la montée de l’enrichissement est une réponse au retrait américain et au manque de garanties européennes.
    • Position de Patey : l’augmentation des niveaux d’enrichissement et le manque de transparence représentent une menace potentielle nécessitant une réponse.

    Un cercle vicieux et des intérêts géopolitiques

    L’affaire illustre un cercle vicieux où chaque camp répond aux actions perçues de l’autre, creusant la méfiance.
    Ahmadian soutient que tous les signataires de l’accord de 2015 ont manqué à leurs engagements, y compris la troïka européenne, et qu’une réactivation des sanctions serait une réponse politique sans base légale selon lui.
    Parallèlement, des voix européennes cherchent à éviter une nouvelle guerre au Moyen-Orient en dissuadant toute progression nucléaire potentiellement militaire.

    Ahmadian prévoit que l’Europe finira par se retirer de l’équation, laissant le dossier entre les mains des grandes puissances (États-Unis, Chine, Russie) et de l’Iran.
    Il mise sur la capacité de Téhéran à s’appuyer sur ses relations avec Pékin et Moscou pour faire obstacle à des sanctions onusiennes supplémentaires.
    Patey, quant à lui, pense que la réactivation des sanctions européennes est la seule option réaliste face au refus iranien de coopérer pleinement avec l’AIEA.

    Pour consulter les éléments historiques et contextuels cités :
    – Sur les frappes contre les installations : https://www.aljazeera.net/encyclopedia/2015/6/18/%D8%A7%D9%84%D8%A8%D8%B1%D9%86%D8%A7%D9%85%D8%AC-%D8%A7%D9%84%D9%86%D9%88%D9%88%D9%8A-%D8%A7%D9%84%D8%A5%D9%8A%D8%B1%D8%A7%D9%86%D9%8A.
    – Sur l’accord nucléaire de 2015 : https://www.aljazeera.net/encyclopedia/2015/7/14/%d8%a3%d9%87%d9%85-%d8%a8%d9%86%d9%88%d8%af-%d8%a7%d9%84%d8%a7%d8%aa%d9%81%d8%a7%d9%82-%d8%a8%d9%8a%d9%86-%d8%a5%d9%8a%d8%b1%d8%a7%d9%86-%d9%88%d9%85%d8%ac%d9%85%d9%88%d8%b9%d8%a9-5-1.

    Scénarios possibles et implications régionales

    Plusieurs trajectoires restent plausibles, allant de la réactivation des sanctions par la troïka à une escalade militaire si la méfiance s’aggrave.
    Les Européens espèrent préserver la stabilité régionale en usant de la « diplomatie des sanctions » plutôt que de devenir acteurs directs d’un éventuel conflit.
    L’Iran, en revanche, cherche à obtenir des garanties et à éviter d’être de nouveau ciblé, ce qui alimente sa résistance à des conditions qu’elle juge unilatérales.

    • Risque immédiat : réactivation des sanctions unilatérales par la troïka.
    • Risque à moyen terme : isolement croissant de l’Europe sur le dossier si elle n’offre pas de garanties.
    • Facteur stabilisant : relations de l’Iran avec la Chine et la Russie susceptibles de bloquer des sanctions onusiennes.

    Perspectives

    Le débat illustre la difficulté à concilier sécurité régionale, respect des engagements internationaux et légitimité perçue des mesures punitives.
    Tant que les garanties concrètes et la confiance mutuelle manqueront, il est probable que les positions resteront figées, avec un risque de nouveaux frictions diplomatiques et économiques.
    L’accord nucléaire Iran demeure donc au cœur d’un équilibre fragile, où chaque geste peut relancer une dynamique de tensions.

    source:https://www.aljazeera.net/news/2025/9/17/%d9%85%d8%ad%d9%84%d9%84%d9%88%d9%86-%d8%a7%d9%84%d9%86%d9%82%d8%a7%d8%b4-%d8%a7%d9%84%d8%a3%d9%88%d8%b1%d9%88%d8%a8%d9%8a-%d8%a7%d9%84%d8%a5%d9%8a%d8%b1%d8%a7%d9%86%d9%8a-%d8%a8%d8%b4%d8%a3%d9%86

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