Le PKK a annoncé dimanche 26 octobre 2025 le retrait de toutes ses forces de Turquie vers le nord de l’Irak, une étape majeure dans le processus de paix entamé il y a près d’un an. Dans sa déclaration, le mouvement appelle Ankara à adopter sans délai des mesures juridiques et politiques pour permettre l’intégration de ses militants dans la vie démocratique. Cette annonce s’inscrit dans un contexte où le PKK avait annoncé sa dissolution officielle en mai 2025 et où une commission parlementaire a été mise en place pour encadrer le désarmement et les garanties de sécurité des anciens combattants. Les réactions s’organisent autour d’espoirs d’apaisement et de préoccupations sécuritaires pour la région.
PKK: retrait vers le nord de l’Irak et implications pour le processus de paix
Dans son communiqué, le PKK affirme « Nous mettons en œuvre le retrait de toutes nos forces à l’intérieur de la Turquie », et précise que des combattants se trouvent désormais dans le nord de l’Irak. Cette annonce intervient après que le mouvement avait annoncé en mai 2025 sa dissolution et cherche à faciliter le travail d’une commission parlementaire établie en août pour encadrer le désarmement. Le but affiché est de promouvoir une voie démocratique et de permettre l’intégration des anciens combattants dans la vie politique. Le PKK appelle la Turquie à « promulguer sans délai les lois nécessaires à (sa) participation à la politique démocratique ».

Le PKK ajoute que « Les mesures juridiques et politiques voulues par le processus et les lois nécessaires à la participation à la vie politique démocratique doivent être mises en place sans délai », souligne sa déclaration. Sabri Ok, cadre du mouvement, déclare: « Nous voulons des lois spécifiques à ce processus (de paix), pas simplement une amnistie pour les membres du PKK », soulignant l’importance que ces mesures garantissent la « liberté ». Selon des observateurs, l’annonce est aussi une réponse aux exigences de certaines formations politiques turques et à l’émergence d’un cadre légal autour du processus de paix.
Réactions et cadre législatif en Turquie
En Turquie, la réaction officielle a été mesurée, les autorités évoquant des « résultats concrets » des efforts visant à mettre fin à un conflit de quatre décennies. Le Parlement a reconduit en début de semaine la participation de l’armée turque à la Force intérimaire des Nations unies au Liban et a prolongé le déploiement des forces dans le nord de l’Irak et en Syrie pour trois ans, selon les médias turcs. L’opposition CHP et le DEM ont exprimé des réserves et demandé des garanties supplémentaires sur le cadre juridique et les mécanismes de sécurité pour les anciens combattants et leur intégration politique.

Des analystes estiment que le PKK est affaibli par des décennies de guérilla et la population kurde, estimée à environ 20 % de la population turque, est épuisée par le conflit. Sabri Ok a déclaré: « C’est la clé », indiquant que l’ouverture démocratique doit être accompagnée d’un cadre légal solide. Abdullah Öcalan a été autorisé en septembre à rencontrer ses avocats pour la première fois depuis six ans, geste perçu par les partisans du processus comme un signe important des évolutions en cours.