Table of Contents
À Djibouti, le Parlement a voté pour retirer l’âge d’éligibilité et ouvrir la voie à une éventuelle candidature d’Ismaël Omar Guelleh pour ce qui serait son sixième mandat. Cette modification constitutionnelle, débattue dans un contexte régional volatile, a été approuvée par 65 députés présents et pourrait être suivie d’un référendum ou d’un second vote à l’Assemblée selon les sources. Les analystes soulignent que ce changement viserait la stabilité du petit pays dans une région troublée, mais le débat sur la démocratie demeure.
Ouverture de la voie à une candidature
La limite d’âge de 75 ans avait été ajoutée en 2010 à l’article 23 de la Constitution, et la réforme qui supprimerait cette condition permettrait potentiellement à Ismaël Omar Guelleh, âgé de 77 ans, d’envisager un sixième mandat. 65 parlementaires étaient présents lors du vote et ont voté en faveur de la suppression de la mention d’âge, selon une source parlementaire citée par l’AFP.
« Je ne répondrai pas à cette question », avait alors affirmé le chef de l’État djiboutien, interrogé sur une éventuelle nouvelle candidature. « Tout ce que je peux vous dire, c’est que j’aime trop mon pays pour l’embarquer dans une aventure irresponsable et être la cause de divisions », avait-il poursuivi, lors d’un entretien en mai avec Jeune Afrique.
Contexte et timeline
Djibouti est l’un des pays les moins peuplés d’Afrique, avec une population autour d’un million d’habitants, et se situe face au Yémen, à l’entrée du détroit de Bab el-Mandeb. En 2010, l’âge limite de 75 ans avait été introduit et la durée du mandat présidentiel était passée de six à cinq ans. Quinze ans plus tard, Dileita Mohamed Dileita, ancien Premier ministre et président de l’Assemblée, a défendu la stabilité du pays et l’absence d’alternative claire pour les députés, alors que 65 voix ont adopté la réforme selon l’AFP et d’autres sources.
Selon l’Agence France Presse, le vote pourrait avoir lieu le 2 novembre pour valider le changement, et les opposants estiment que l’espace pour la contestation démocratique se rétrécit.

Réactions et enjeux démocratiques
Selon Dileita Mohamed Dileita, « la stabilité du pays dans une région troublée » justifie ce changement constitutionnel afin de préserver l’ordre dans la Corne de l’Afrique, a-t-il déclaré en défense du texte. Cependant, des voix s’élèvent pour dénoncer une possible dérive autoritaire: « il y a des contestations sur les réseaux sociaux mais je crains que l’opposition n’ait pas l’espace pour s’exprimer à Djibouti », a déclaré Sonia Le Gouriellec, spécialiste de la Corne de l’Afrique et professeure à l’Université catholique de Lille, citée par l’AFP.
En septembre, Alexis Mohamed, proche conseiller du président, aurait démissionné en dénonçant le « recul démocratique » et la gestion clientéliste du pays, selon des sources proches du pouvoir et reprises par les médias. Le pays, qui accueille des bases militaires étrangères, est souvent perçu comme stable mais soumis à des pressions régionales. Le vote final et les incidences politiques restent en suspens et l’opinion publique demeure partagée sur les enjeux pour la démocratie djiboutienne.