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La Bulgarie a adopté l’euro ce 1er janvier 2026, devenant le 21e pays de la zone euro après près de deux décennies d’appartenance à l’Union européenne. Le petit pays des Balkans, qui compte moins de 7 millions d’habitants et avait rejoint l’UE en 2007, remplace ainsi le lev, monnaie nationale utilisée depuis la fin du XIXe siècle, dans l’espoir de renforcer ses liens économiques avec les autres membres de la zone.
Faits essentiels
- Date d’adoption : 1er janvier 2026.
- Statut : 21e membre de la zone euro.
- Population : moins de 7 millions d’habitants.
- Inflation récente : autour de 3,7% au moment du passage à l’euro.
- Conséquence institutionnelle : siège au conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne.
Des attentes économiques fortes
Les promoteurs de ce changement, notamment le monde des affaires, présentent l’adoption de l’euro comme l’un des jalons majeurs depuis la transition post-1989 vers l’économie de marché. Ils estiment que la monnaie unique rendra la Bulgarie plus attractive pour les investisseurs et facilitera les échanges avec l’Europe occidentale. Ainsi, les acteurs économiques tablent sur un renforcement des flux d’investissements directs et une intégration financière plus poussée.
Inquiétudes populaires et résultats des sondages
Pourtant, la décision suscite des doutes au sein de la population. Selon un sondage Eurobaromètre réalisé en mars, 53% des personnes interrogées s’opposaient à l’adhésion à la zone euro, contre 45% de soutiens. Un autre sondage mené entre octobre et novembre montrait qu’environ la moitié des Bulgares restaient sceptiques, tandis que 42% approuvaient la monnaie unique.
Risques d’une hausse des prix
Une des principales préoccupations porte sur l’impact sur les prix. Dans un contexte de méfiance envers les autorités et de perceptions élevées de la corruption, de nombreux citoyens craignent que certains commerçants profitent du changement monétaire pour augmenter les tarifs, alimentant ainsi l’inflation. Cette crainte est d’autant plus vive alors que le taux d’inflation était déjà proche de 3,7% au moment du basculement.
Contexte politique et social
Le basculement intervient dans un climat d’instabilité politique et de faible confiance dans les institutions. Des analystes soulignent que les campagnes de sensibilisation n’ont pas toujours été convaincantes, ce qui risque d’accentuer les difficultés d’adaptation, en particulier pour les personnes âgées ou les habitants des zones rurales. De plus, certains observateurs évoquent des réticences liées aux liens historiques et culturels qui existent dans la région.
Sur le terrain : préparation et réactions
Dans les rues et commerces de Sofia, la transition est visible : les prix sont désormais affichés en lev et en euros, et les distributeurs automatiques ont commencé à délivrer des billets en euros. Les entreprises affichent un net soutien à la conversion, tandis qu’une partie de la population surveille étroitement l’évolution des prix et la qualité des services bancaires.
Perspectives
À court terme, la Bulgarie mise sur un effet d’entraînement positif pour son économie et sur une meilleure intégration au sein de l’Europe. Néanmoins, le succès de cette opération dépendra en grande partie de la capacité des autorités à préserver la stabilité des prix, à maintenir la confiance publique et à encadrer la conversion pour éviter les pratiques inflationnistes. Dans ce contexte, le débat autour de la Bulgarie et de l’euro reste loin d’être clos.