Quatre ans après l’épisode qui avait laissé le Mali et la Tunisie médusés lors de l’ouverture de la CAN 2022, les deux pays se retrouvent en huitièmes de finale de la CAN 2025. Cette relecture revient sur l’épisode singulier provoqué par le malaise de l’arbitre zambien Janny Sikazwe.

Le mercredi 12 janvier 2022, la rencontre entre la Tunisie et le Mali, en ouverture du groupe F, s’était terminée dans des circonstances surprenantes lorsque l’arbitre avait sifflé la fin du match avant le temps additionnel prévu. Le public et les acteurs sur le terrain avaient été pris de court et la fin du match avait été remise en question.
Après avoir repris le jeu, l’arbitre avait ensuite relancé les débats puis arrêté définitivement le match à 89 minutes et 45 secondes, alors que le quatrième arbitre s’apprêtait à annoncer le temps additionnel. Le staff tunisien avait manifesté son mécontentement et Sikazwe avait été escorté hors du terrain sans reprise du temps.
Dans une interview à L’Équipe, Sikazwe a expliqué qu’il ne parvenait pas à entendre ses assistants et qu’il était « dans son monde » pendant la seconde période. Il a évoqué un épisode marqué par un malaise persistant et un fort coup de chaud dans des conditions climatiques difficiles : humidité élevée et chaleur intense à Limbé, au Cameroun.
« Je n’entendais plus mes assistants qui m’ont dit qu’ils essayaient de me joindre, de m’aider car ils voyaient que quelque chose n’allait pas. Je n’en ai aucun souvenir, j’étais dans mon monde », a-t-il confié. « À cinq minutes près, je pouvais tomber dans le coma », a-t-il ajouté, évoquant le risque réel et affirmant : « J’aurais pu rentrer dans un cercueil car c’était très dangereux ce qui s’est produit ».
Depuis cet incident, Sikazwe a mis fin à sa carrière et s’est éloigné des terrains. Il avait toutefois été retenu par la FIFA pour arbitrer lors de la Coupe du monde 2022, mais il avait suscité d’autres critiques lors de cette compétition. En décembre 2022, il annonçait la fin de sa carrière, affirmant vouloir « laisser la place aux jeunes » et expliquant qu’il approchait des 45 ans.
Avant cet épisode, l’arbitre zambien avait déjà été mêlé à d’autres polémiques. Pendant la CAN 2019, le sélectionneur sénégalais Aliou Cissé avait qualifié son arbitrage de « catastrophique ». Par ailleurs, il avait été suspendu par la CAF en 2018 pour des soupçons de corruption lors d’un match de ligue des champions africaine, une sanction levée faute de preuves concluantes.
Pour le prochain huitième de finale prévu à Casablanca, l’arbitre sud-africain Tom Abonjel a été désigné pour diriger la rencontre. L’objectif est d’assurer le sérieux et la clarté du jeu sans reproduire les polémiques passées.