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Le président des États‑Unis, Donald Trump, a lancé mercredi une mise en garde sévère aux industriels de la défense, les accusant de tirer profit de la guerre et exigeant des mesures immédiates pour accélérer la production d’équipement militaire. Sur sa plateforme, il a menacé d’agir si les entreprises ne plafonnaient pas les salaires des dirigeants, n’investissaient pas dans de nouvelles usines et n’augmentaient pas leur cadence de production.
Les exigences de la Maison‑Blanche
Dans un long message publié sur sa plateforme, le président a résumé ses griefs : livraisons trop lentes, dépenses excessives pour les actionnaires et rémunérations des cadres jugées indécentes. Il a réclamé que les sociétés arrêtent les rachat d’actions et dividendes excessifs et consacrent ces ressources à la construction d’usines et à l’augmentation des capacités industrielles.
Trump a fixé une limite claire pour les dirigeants : « aucun dirigeant ne devrait gagner plus de 5 millions de dollars » tant que de nouvelles capacités de production ne seront pas mises en place. Il a aussi insisté sur la nécessité d’accélérer les réparations et la maintenance des matériels fournis aux forces armées et à leurs alliés.
Cible principale : RTX (anciennement Raytheon)
Le président a directement pointé du doigt Raytheon, désormais RTX, l’accusant d’avoir été « le moins réactif » aux besoins du ministère de la Défense et de privilégier les actionnaires plutôt que l’armée américaine. Il a même menacé de rompre des liens commerciaux avec l’entreprise si elle ne changeait pas de comportement.
RTX fournit un large éventail de matériels, des logiciels aux systèmes d’armes comme le Patriot, et a réalisé des ventes importantes ces dernières années. L’entreprise a récemment obtenu d’importants contrats de défense sur le long terme et continue de percevoir des commandes et des missions de maintenance essentielles pour l’armée américaine.
Budget et ambitions : vers 1,5 trillion de dollars
Parallèlement à ses demandes adressées aux industriels, Trump a annoncé son intention de demander aux républicains du Congrès d’augmenter le budget de la défense pour l’exercice 2027 à 1,5 trillion de dollars, un niveau record. Selon l’administration, cet effort doit permettre de construire ce qu’il appelle le « Dream Military » et d’assurer la sécurité face à toute menace.
À titre de contexte, les dépenses de défense représentent une part importante de l’économie américaine et se situent généralement autour d’environ 1 trillion de dollars par an, soit près de 2,7 % du produit intérieur brut.
Répercussions sur le marché et limites juridiques
Les déclarations du président ont provoqué une forte volatilité sur les marchés : les actions des principaux sous‑traitants de la défense ont chuté après ses messages, en raison de l’incertitude sur l’avenir de leurs relations avec le gouvernement fédéral.
Il reste toutefois flou de quelle manière l’administration entendrait faire respecter ses nouvelles exigences et si certaines mesures seraient juridiquement applicables. Plusieurs observateurs rappellent que des interventions directes de l’État dans la gouvernance des entreprises privées peuvent se heurter à des limites légales et à des procédures complexes.
Une posture cohérente avec une stratégie d’intervention
Cette opération de pression s’inscrit dans une tendance plus large : l’administration a déjà manifesté une approche plus interventionniste envers des entreprises jugées stratégiques, en intervenant dans des opérations de fusions‑acquisitions ou en prenant des participations publiques dans des groupes privés impliqués dans des secteurs sensibles.
Quelles que soient les suites, l’appel de la Maison‑Blanche à « remettre l’industrie au travail » souligne la volonté de l’exécutif de lier de près la politique industrielle et la sécurité nationale, en demandant des engagements concrets sur la production, l’investissement industriel et la répartition des profits.