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La doctrine Donroe : la nouvelle stratégie géopolitique des États-Unis

par Lea
France

Dans la nuit du 2 au 3 janvier, les États-Unis ont capturé le président vénézuélien Nicolas Maduro à Caracas, une action assumée par Donald Trump qui y voit l’application directe de sa doctrine Donroe. Cette manœuvre s’inscrit dans une lecture des intentions américaines et soulève des questions sur les équilibres régionaux. L’opération a été présentée comme une démonstration de puissance et Maduro a été transféré vers New York pour y être jugé, suscitant des débats sur les limites de l’ingérence extérieure. Le contexte montre que les États-Unis considèrent l’Amérique du Sud comme une priorité stratégique et que l’interventionnisme est réévalué.

Qu’est-ce que la doctrine Donroe ?

La capture de Maduro n’est pas apparue comme un acte isolé mais comme une étape d’un plan plus vaste décrit dans la Stratégie de sécurité nationale publiée le 2 décembre 2025. Le document Donroe est présenté comme une évolution de la doctrine Monroe et signale une nouvelle posture. Selon Trump, l’Amérique ne sera jamais remise en question dans l’hémisphère occidental, ce qui transforme la région en zone sous influence et place face à des puissances comme la Chine ou la Russie. La méthode est décrite comme moderne : l’opération au Venezuela a mobilisé des ressources aériennes, navales et des forces spéciales, démontrant une capacité à imposer rapidement la puissance sans négociation. Même après l’arrestation de Maduro, le régime demeure actif : Delcy Rodríguez dirige officiellement le pays, des milices circulent et le système répressif se poursuit.

Dans cette version, les États-Unis cherchent à dominer politiquement, économiquement et militairement la région. L’objectif est de sécuriser les ressources stratégiques et les positions clés, tout en visant à dissuader les flux migratoires vers les États-Unis et en cherchant à maintenir une stabilité apparente.

Jusqu’où ira Trump ?

Selon The Economist, cette doctrine ne se limite pas au Venezuela et pourrait remettre en cause les principes du droit international. Elle viserait Cuba, le Groenland, la Colombie, le Canada et le Mexique. L’administration Trump serait-elle prête à placer la région sous influence américaine au point de provoquer des rééquilibrages géopolitiques majeurs ? Le précédent le plus récent remonte à l’invasion du Panama en 1989, justifiée à l’époque par la lutte contre le narcotrafic, mais l’objectif actuel est d’une autre ampleur : sécuriser les ressources, verrouiller des positions stratégiques et contenir des flux migratoires massifs vers les États-Unis, tout en cherchant à préserver une stabilité régionale apparente. Cette doctrine mêle impératif géopolitique, exploitation des ressources et démonstration de puissance, et affirme que la suprématie américaine s’impose par la force dans l’ensemble de l’hémisphère.

Pour certains observateurs, ce retour à une logique impériale s’appuie sur des technologies modernes et rappelle les dynamiques du XIXe siècle, tout en s’enracinant dans les outils du XXIe siècle. En écartant le droit international et en remettant en cause les principes démocratiques, Trump prend un risque majeur. Les semaines et les mois qui viennent diront si ce coup de poker géopolitique tient la route ou s’il aggrave les tensions dans une région déjà sous pression.

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