L’ancien dirigeant nationaliste corse Alain Orsoni, reconverti dans les affaires et ancien président du club de football d’Ajaccio, a été abattu lundi 12 janvier dans le village de Vero, en Corse-du-Sud, lors des obsèques de sa mère, selon une source proche de l’enquête.
Le procureur d’Ajaccio, Nicolas Septe, confirme les faits. Le nouveau parquet national anti-criminalité organisée s’est saisi de l’enquête, en cosaisine avec la Jirs de Marseille, ont annoncé le Pnaco et le procureur de Marseille, Nicolas Bessone. Le Pnaco, dont c’est la première enquête depuis son entrée en fonctions le 5 janvier, s’est saisie « au regard notamment de la qualité de la victime et de son appartenance au milieu corse ».
Un magistrat de la Jirs de Marseille est sur place et un autre du Pnaco y sera dès mardi, ont précisé le parquet anti-criminalité organisée et Nicolas Bessone. Les faits se sont produits autour de 16 h 30, il est décédé sur place, a ajouté une autre source proche de l’enquête évoquant la piste d’un sniper.
Nationaliste de la première heure
Âgé de 71 ans, cet héritier d’un engagement nationaliste de longue date avait déjà été visé par un projet d’assassinat en 2008. Son frère Guy avait été assassiné en 1983, prénom qu’il avait donné ensuite à son fils, une référence à des figures du banditisme corse.
Après des études à Paris, il était devenu l’un des chefs du Front de libération nationale de la Corse (FLNC) avant de fonder le Mouvement pour l’autodétermination (MPA), qualifié plus tard par ses adversaires de « Mouvement pour les affaires ».
Réputé pour son sens politique et son sang-froid, Alain Orsoni avait quitté la Corse en 1996, en pleine guerre fratricide au sein de la mouvance nationaliste. Il a vécu treize ans en Floride puis au Nicaragua, où il avait des activités dans le secteur des jeux, et en Espagne.
Peu après son retour d’exil, un projet d’assassinat le visant fut déjoué par la police durant l’été 2008. Il avait au même moment succédé à la présidence du club de football de l’Athletic Club Ajaccio (ACA) à son ami Michel Moretti, un ancien nationaliste qui venait de décéder.
En 2012, après l’assassinat de plusieurs notables ajacciens et proches de l’ACA, comme l’ancien bâtonnier Antoine Sollacaro et le président de la chambre de commerce Jacques Nacer, Alain Orsoni avait dénoncé une « cabale médiatique » contre lui.