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Un bombardement imputé aux Forces de soutien rapide (RSF) a frappé la ville de Senja, dans l’État de Sennar, faisant 27 morts et 13 blessés, selon les bilans communiqués mardi. L’attaque, menée à l’aide d’un drone, a ciblé des postes de garde ainsi que des civils qui accompagnaient des responsables militaires, provoquant également des dégâts matériels et un climat de forte inquiétude dans la région.
Bilan et déroulement de l’attaque
Le raid a visé la zone proche du commandement de la 17e brigade à Senja, à environ 300 kilomètres au sud-est de Khartoum. Les défenses anti-aériennes de l’armée sont intervenues, mais l’impact a provoqué des pertes humaines et des blessés parmi des civils présents sur les lieux.
- Victimes : 27 personnes tuées et 13 blessées.
- Cibles déclarées : postes de garde et civils accompagnant des cadres militaires.
- Localisation stratégique : corridor reliant les secteurs contrôlés par l’armée à l’est et au centre du pays.
Personnalités et réactions locales
Le gouverneur de l’État du Nil Blanc, Qamr al‑Din Fadl al‑Mawla, qui assistait à une réunion officielle à Senja, a survécu à l’attaque. Toutefois, deux de ses accompagnateurs ont été tués, selon le communiqué du ministère de l’Information.
La porte‑parole du gouvernement de Sennar a indiqué que la ville avait été prise pour cible lundi par ce qu’elle a qualifié de « munition stratégique » et assuré que les défenses terrestres de l’armée avaient répondu, précisant que la vie tendait à reprendre un cours normal.
Messages des Forces de soutien rapide
Un conseiller du commandant des Forces de soutien rapide a qualifié l’attaque de « message direct » adressé au chef du Conseil souverain et aux responsables militaires, avertissant que les actions futures seraient plus sévères et plus douloureuses. Ce ton montre l’escalade verbale qui accompagne désormais les frappes sur le terrain.
Autres affrontements et déplacements massifs
Parallèlement, des combats ont été signalés en divers points du pays. Les mouvements alliés à l’armée ont accusé les Forces de soutien rapide d’avoir commis des « actes criminels » dans les localités de Jergagira et Mastoura, au nord du Darfour, faisant 19 civils tués.
La violence a également provoqué d’importants déplacements de population. L’Organisation internationale pour les migrations a estimé à plus de 8 000 le nombre de personnes déplacées en une seule journée dans le nord du Darfour, certaines se dirigeant vers d’autres zones de la région et d’autres franchissant la frontière vers le Tchad.
Revendiations et bilan militaire
L’armée soudanaise a annoncé quant à elle avoir ciblé des concentrations des Forces de soutien rapide dans plusieurs États, affirmant avoir détruit des dizaines de véhicules militaires et causé de lourdes pertes parmi les combattants adverses. Selon ces communiqués, des opérations récentes auraient permis de neutraliser des moyens logistiques et des réserves de carburant et de munitions.
Sur le terrain, le pays reste divisé : les Forces de soutien rapide conservent une emprise sur la plupart des États du Darfour, tandis que l’armée affirme contrôler une large majorité des autres États, y compris la capitale.
Enjeux stratégiques
Senja occupe une position clef sur l’axe reliant l’est au centre du Soudan, ce qui explique son importance militaire et le risque de nouvelles confrontations dans la région. Par conséquent, toute attaque dans cette zone influe directement sur les déplacements de populations et la sécurisation des voies de communication.
Alors que les tensions persistent et que chaque camp revendique des gains, la situation humanitaire reste fragile et susceptible de s’aggraver si les hostilités se poursuivent.