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Les États-Unis ont dénoncé une « escalade dangereuse et inexplicable » de la Russie en Ukraine, alors que Washington affirme chercher à faire avancer des négociations de paix pilotées par le président américain. L’accusation a été formulée lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies, au moment où les tensions sur le terrain se sont intensifiées.
Accusations américaines et usage du missile Oreshnik
La diplomatie américaine a fait part d’une vive inquiétude après l’emploi, la semaine dernière, d’un missile balistique Oreshnik, présenté comme potentiellement capable de transporter une charge nucléaire. Selon les États-Unis, cette frappe a causé un « nombre stupéfiant de victimes » en Ukraine et constitue un pas dangereux vers une intensification du conflit.
Lors de la réunion, la représentante adjointe des États-Unis auprès de l’ONU, Tammy Bruce, a averti que « l’action de la Russie risque d’étendre et d’intensifier la guerre ». Elle a appelé, en conséquence, à des mesures de désescalade de la part des belligérants.
Le contexte diplomatique est d’autant plus sensible que Washington affirme travailler à un accord de paix soutenu par des alliés occidentaux, initiative que les autorités américaines présentent comme une opportunité majeure pour réduire les hostilités.
Nouvelles frappes à Kharkiv et Kyiv
Malgré les appels à la désescalade, de nouvelles frappes ont visé la ville de Kharkiv dans le nord-est de l’Ukraine, faisant au moins deux morts et trois blessés, selon les autorités régionales. Les attaques se sont poursuivies tôt mardi, tandis que des impacts de missiles ont également été signalés à Kyiv, leur bilan restant à préciser.
Le gouverneur régional de Kharkiv a confirmé les victimes et le maire de la ville a indiqué qu’un drone longue portée russe avait frappé un établissement médical pour enfants, provoquant un incendie. À Kyiv, le maire Vitali Klitschko a précisé que les systèmes de défense aérienne étaient engagés pour contrer les tirs visant la capitale.
Origine de la convocation au Conseil de sécurité
Kyiv avait demandé la tenue du Conseil de sécurité après une vaste offensive russe menée jeudi précédent, comprenant des centaines de drones et des dizaines de missiles, dont l’Oreshnik. Cet engagement de ce type de système d’arme, rarement utilisé en situation de combat, a été perçu par de nombreux observateurs comme un message adressé aux alliés de l’Ukraine au sein de l’OTAN.
La Russie a confirmé avoir mené l’attaque avec l’Oreshnik, affirmant viser une usine de réparation aéronautique dans la région de Lviv, à l’ouest du pays. Moscou a justifié l’opération comme une riposte à une tentative ukrainienne d’atteindre l’une des résidences du président russe, allégation démentie par Kyiv et qualifiée d’inexacte par Washington.
Blocus diplomatique et déclarations face à l’ONU
Au Conseil de sécurité, la représentante américaine a rappelé que la Russie avait, il y a près d’un an, voté en faveur d’une résolution appelant à la fin du conflit, invitant désormais toutes les parties à « poursuivre la paix sérieusement » et à mettre fin à ce qui est décrit comme un « cauchemar ». Ce rappel visait à souligner la nécessité de traduire les engagements diplomatiques en actes concrets.
De son côté, l’ambassadeur russe auprès de l’ONU a imputé l’impasse diplomatique à l’Ukraine, en menaçant de poursuivre l’option militaire tant que Kyiv ne consentira pas à ce que Moscou qualifie de conditions « réalistes » pour négocier. Il a averti que chaque jour perdu rendrait, selon lui, les conditions de négociation plus défavorables pour Kyiv.
En réaction, l’ambassadeur ukrainien a répliqué que la Russie est aujourd’hui plus vulnérable qu’à n’importe quel autre moment depuis le début de l’invasion à grande échelle de février 2022, pointant le ralentissement économique et la baisse des recettes pétrolières. Il a dénoncé l’image soigneusement orchestrée de puissance russe comme une illusion détachée de la réalité.
Contexte plus large : tensions avec Washington et perspectives
Les récents événements surviennent alors que les relations entre Moscou et Washington se sont refroidies, notamment après la saisie par les États-Unis d’un pétrolier battant pavillon russe en Atlantique Nord, geste vivement condamné par le Kremlin. Parallèlement, l’administration américaine a laissé entendre son soutien à un nouveau train de sanctions sévères visant à affaiblir économiquement la Russie.
Malgré les pressions et les discussions en cours, Moscou n’a donné aucun signe public de vouloir céder sur ses exigences maximalistes, comprenant la reconnaissance de son annexion de territoires ukrainiens. Cette position complique la perspective d’un accord durable et met en lumière les défis d’une diplomatie qui tente de concilier sécurité, économie et enjeux territoriaux.
Situation humanitaire et sécurité sur le terrain
Les frappes récentes et l’emploi de systèmes d’armes lourds ont ravivé les inquiétudes sur la sécurité des civils et la dégradation des infrastructures essentielles en Ukraine. Les responsables locaux ont fait état de dégâts matériels et d’incendies liés aux frappes contre des installations civiles, notamment des centres de soins pour enfants.
Dans ce contexte, les appels internationaux à protéger les civils et à respecter le droit humanitaire se multiplient, tandis que les représentants des belligérants continuent d’échanger des accusations et des contre-accusations sur la responsabilité des attaques. La crainte d’une nouvelle phase d’escalade reste vive, en particulier au regard des capacités armement mises en œuvre récemment.