Table of Contents
La consommation de cannabidiol (CBD) connaît une expansion rapide en France, avec des chiffres qui attestent d’un intérêt croissant pour ce composé issu du chanvre. En 2022, environ 10 % des Français avaient ingéré du CBD au moins une fois dans l’année, selon les premières estimations gouvernementales. Parallèlement, les intoxications liées à des produits à base de CBD ont également augmenté, et les autorités sanitaires tirent la sonnette d’alarme depuis 2024. Ces chiffres proviennent des centres antipoison, des structures de toxicovigilance et du CEIP-A, qui recensent les cas et analysent les circonstances des intoxications.
Intoxications liées au CBD : une vigilance renforcée
Les produits incriminés se présentent sous diverses formes, vendus en magasins, via des distributeurs automatiques ou sur internet. On les trouve sous forme d’e-liquides pour cigarettes électroniques, de produits fumés et de denrées alimentaires (huiles, gélules, bonbons, chocolats, etc.).
Dans la plupart des cas, les intoxications proviennent soit de substances interdites présentes dans le produit, soit d’un taux de THC (le principal composé psychoactif du cannabis) supérieur à 0,3 %. Les consommateurs peuvent s’attendre à des effets adverses même si la durée d’utilisation, la fréquence ou la forme du produit au CBD ne semblent pas influencer le risque.
Pour les personnes concernées, les autorités rappellent l’importance de ne pas ignorer les signes et de consulter rapidement un médecin ou un centre antipoison en cas d’effets tels que fatigue, crise d’angoisse aiguë, hallucinations, malaises, vertiges, idées noires ou crises d’épilepsie après consommation d’un CBD.
Étiquetage trompeur : 8 produits sur 10 concernés
Une étude menée en 2023 a mis en évidence que près de 80 % des produits à base de CBD présentent un étiquetage qui ne correspond pas exactement à leur teneur réelle en CBD. Cette discordance renforce les risques d’exposition à des taux plus élevés de THC ou à d’autres substances potentiellement nocives.
- Les consommateurs sont invités à vérifier scrupuleusement les mentions et à privilégier les produits labellisés et testés par des laboratoires indépendants.
- En cas de manifestations néfastes, il est conseillé de déclarer le problème sur le portail de signalement du gouvernement dédié à cet effet.
- Si un produit reste, il peut être conservé pour analyse par les autorités compétentes (SINTES) de l’OFDT afin d’éclairer les enquêtes toxicologiques.
En complément, l’ANSES et l’ANSM incitent les consommateurs à faire preuve de vigilance face aux risques d’effets indésirables et à privilégier des achats responsables.
Cadre réglementaire et sécurité en Europe
Officiellement, aucun aliment au CBD n’est autorisé au sein de l’Union européenne. Le CBD est considéré comme un « nouvel aliment », et chaque produit nécessitant une autorisation de mise sur le marché doit passer par l’évaluation de l’EFSA. Cependant, l’agence a suspendu son évaluation en 2022 en raison de données toxicologiques jugées insuffisantes.
Seuls les produits cosmétiques ou à usage externe, comme les crèmes, peuvent être commercialisés librement dans l’UE sous certaines conditions. Le CBD utilisé doit provenir de graines ou de feuilles de chanvre (et non des fleurs ou des tiges), être déclaré dans la base CPNP, ne contenir aucune trace de THC et faire l’objet d’un étiquetage clair et de tests de sécurité.
À noter : les produits contenant des cannabinoïdes de synthèse (HHC, HHC-O, H4-CBD, H2-CBD, MDMB-PINACA, etc.) ou du CBD associé à un taux de THC supérieur à 0,3 % restent interdits et classés comme stupéfiants.
Interactions médicamenteuses et précautions d’emploi
La présence de THC, même en faible quantité, peut augmenter les risques de somnolence ou de léthargie. Cela peut poser problème pour les travailleurs exposés à des risques industriels, les conducteurs et les usagers de la route, où la vigilance est essentielle.
Par ailleurs, la prise d’un produit à base de CBD en même temps que certains médicaments peut réduire leur efficacité ou augmenter leurs effets indésirables. Selon l’Assurance maladie, le CBD est déconseillé en cas d’insuffisance hépatique ou lorsqu’il est associé à des traitements antiépileptiques comme le valproate ou le clobazam, ou à des immunosuppresseurs tels que l’Évérolimus. Chez certains patients, le CBD peut accroître l’absorption de l’Évérolimus et conduire à un surdosage.